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	<title>TAT - ACCUEIL - T.A.T | Le média qui TE ressemble.</title>
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	<description>Pour une parole citoyenne, plurielle &#38; libre. 🎤 Formats longs. Témoignages. Débats. 🎬</description>
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	<title>TAT - ACCUEIL - T.A.T | Le média qui TE ressemble.</title>
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		<title>DRÉPANOCYTOSE : ET SI ON S’EN PARLAIT ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 10:00:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Maladie génétique très répandue, la drépanocytose concerne environ 300 000 naissances par an dans le monde. Apparue sur le continent africain et en Inde principalement, elle est devenue très présente en Amérique, notamment aux Antilles et au Brésil, ainsi qu’en Europe de l’Ouest du fait des mouvements de populations. Quelle est cette maladie peu connue ? Quels sont les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Maladie génétique très répandue, la drépanocytose concerne environ 300 000 naissances par an dans le monde. Apparue sur le continent africain et en Inde principalement, elle est devenue très présente en Amérique, notamment aux Antilles et au Brésil, ainsi qu’en Europe de l’Ouest du fait des mouvements de populations. Quelle est cette maladie peu connue ? Quels sont les symptômes ? Comment vit-on avec ? Ils sont trois personnes (deux femmes et un homme) à avoir accepté de me répondre dans une interview croisée. »</strong></em></p>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Qu’est-ce que la drépanocytose ? </strong></p>
<p>« J’ai l’habitude de dire que c’est une <strong>maladie génétique</strong> qui modifie la forme des globules rouges et cette modification entraîne l’obstruction des vaisseaux sanguins. Cela est dû à un <strong>manque d’oxygène dans les globules rouges et une faible quantité d’hémoglobine</strong>. »</p>
<p>« La <strong>drépanocytose</strong> cause une malformation des globules rouges qui, au lieu d’être ronds, sont en forme de croissants, donc ils se bloquent dans les vaisseaux sanguins et cela empêche le sang de bien circuler (et d’apporter l’oxygène) dans les organes. »</p>
<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-3388" src="https://isnews.fr/wp-content/uploads/2022/09/De%CC%81finition-dre%CC%81panocytose.webp" sizes="(max-width: 530px) 100vw, 530px" srcset="https://isnews.fr/wp-content/uploads/2022/09/Définition-drépanocytose.webp 530w, https://isnews.fr/wp-content/uploads/2022/09/Définition-drépanocytose-300x138.webp 300w, https://isnews.fr/wp-content/uploads/2022/09/Définition-drépanocytose-130x60.webp 130w" alt="" width="530" height="244" /></figure>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« La <strong>drépanocytose</strong> est une maladie génétique qui affecte les globules rouges dès la naissance. Au lieu d’avoir les globules rouges en forme de rond, on les a en forme de lune. Ce qui fait que lors du transport d’oxygène, ils peuvent se bloquer en raison de leur forme, passant difficilement dans les vaisseaux sanguins. Lorsque cela se produit, on a une CVO (crise vaso-occlusive) très douloureuse. On peut aussi rencontrer des complications, qu’elles soient cérébrales, cardiaques, rénales ou encore osseuses. »</p></blockquote>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Quels sont les symptômes de la drépanocytose ?</strong></p>
<p>« Les <strong>principaux symptômes </strong>sont la fatigue due à l’anémie causée par la drépanocytose. Ensuite, il y a les crises douloureuses (crises vaso-occlusives) dans les membres, causées par les globules rouges mal formés qui ne remplissent plus leur rôle de transport d’oxygène. »</p>
<p>« La drépanocytose provoque une fatigue aiguë et des crises vaso-occlusives, donc des douleurs dans les membres du corps. C’est comme si on te frappait à coups de marteau à un endroit. Ces crises paralysent parfois. On peut avoir des crises partout. »</p>
<p>« On ressent de fortes douleurs surtout au niveau des articulations, ce qui peut entraîner des maladies comme l’ostéonécrose, dont je suis atteint au niveau de la tête fémorale gauche. L’ostéonécrose est la mort d’un segment de l’os causée par un déficit d’apport sanguin. Elle peut être causée par une lésion ou survenir spontanément. Les symptômes habituels sont des douleurs, une amplitude de mouvements limitée pour l’articulation concernée et, lorsque le membre inférieur est touché, une claudication. »</p>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Quel est le quotidien des personnes qui souffrent de la drépanocytose ?</strong></p>
<p>« Au quotidien, vivre avec la drépanocytose est compliqué. C’est une maladie génétique et un handicap invisible. On souffre physiquement et parfois physiologiquement, mais cela ne se voit pas. Le jugement d’autrui est malheureusement très fréquent, et peut être difficile à gérer. Personnellement, j’en ai beaucoup souffert plus jeune, ayant eu un retard de puberté, c’était la porte ouverte aux piques et moqueries. Il y a aussi le traitement médicamenteux quotidien, et ce, depuis tout petit. Des comprimés et du sirop, matin, midi et/ou soir, et dans mon cas, des échanges transfusionnels toutes les 4 semaines. Je dois me rendre à l’hôpital pour me faire transfuser. »</p>
<p>« Au quotidien, on s’adapte, mais parfois les crises surviennent à tout moment et peuvent durer entre 5 secondes et plusieurs semaines. Donc, tu peux être en train de faire tes courses tranquillement et tout à coup avoir mal à la jambe et ne plus pouvoir marcher. Concernant les traitements, cela dépend de la forme de la drépanocytose, et je l’ai découvert récemment, lorsque j’ai changé de spécialiste. Si tu es homozygote, on traite la drépanocytose par un médicament appelé Syklos. En revanche, si tu es hétérozygote, comme moi, on opte pour des saignées car le sang est beaucoup trop épais et c’est cela qui provoque les crises. L’objectif est de fluidifier le sang. Malheureusement, on ne parle pas assez de la drépanocytose, et quand j’en parle, on me demande souvent ce que c’est. Je trouve qu’il faudrait éduquer davantage sur ce sujet, car c’est une maladie très complexe et qui mérite d’être traitée comme toutes les autres maladies. »</p>
<p>« J’ai rendez-vous tous les 6 mois pour un bilan complet, et plusieurs fois dans l’année je fais des transfusions sanguines pour changer le mauvais sang dans mon corps. Je trouve qu’en France, la drépanocytose est plutôt bien suivie. »</p>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Quelles sont les conséquences de la drépanocytose à long terme ? </strong></p>
<p>« D’après ce que m’a expliqué mon médecin, pour une femme, la drépanocytose peut entraîner des complications lors de la grossesse et de l’accouchement. Malheureusement, il n’y a pas de guérison, sauf en cas d’opération des cellules-souches. »</p>
<p>« À long terme, des problèmes de vision peuvent survenir, surtout lorsqu’il est question de se marier. Il est crucial de faire des tests avec son partenaire afin de ne pas transmettre la maladie à sa descendance, car elle est héréditaire. »</p>
<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img decoding="async" class="wp-image-3389" src="https://isnews.fr/wp-content/uploads/2022/09/transmission-drepanocytose1-1024x560-1.webp" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" srcset="https://isnews.fr/wp-content/uploads/2022/09/transmission-drepanocytose1-1024x560-1.webp 640w, https://isnews.fr/wp-content/uploads/2022/09/transmission-drepanocytose1-1024x560-1-300x164.webp 300w, https://isnews.fr/wp-content/uploads/2022/09/transmission-drepanocytose1-1024x560-1-110x60.webp 110w" alt="" width="640" height="350" /></figure>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« À long terme, cela dépend du patient. Certains drépanocytaires peuvent développer des complications liées à la maladie. Pour ma part, j’ai une sténose carotidienne (traitée par la pose de 3 stents, d’où mes échanges transfusionnels pour éviter les AVC), une rétinopathie (traitée par des lasers), une acidose tubulaire rénale, des pancréatites, une dérivation biliodigestive (suite au retrait de ma vésicule biliaire), etc. D’autres drépanocytaires peuvent avoir des prothèses de hanches ou d’épaules suite à une ostéonécrose, voire des ulcères. Cette maladie de la douleur porte bien son nom car, outre la souffrance des crises, elle peut entraîner de nombreuses autres complications. C’est pourquoi respecter son traitement et ses rendez-vous médicaux est primordial. »</p></blockquote>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Victime de drépanocytose, vous sentez-vous écoutée ? Qu’est-ce qui doit changer ?</strong></p>
<p>« Alors, je ne me considère pas comme une victime. J’ai réussi à faire de cette maladie une force. En revanche, je ne me sens pas du tout écouté. Je sensibilise sur la drépanocytose depuis 2011, mais il y a malheureusement peu de progrès en termes de communication et de prévention. Certains clichés persistent, et bien que ce soit la première maladie génétique en France, elle reste très peu connue et représentée… Elle mérite davantage de visibilité ! »</p>
<p>« Ce qui est dommage, c’est que la plupart des gens ne comprennent pas cette maladie, et dans certains hôpitaux, on pense que tu mens pour obtenir des antalgiques, car bien souvent, un Doliprane ne suffit pas à soulager la douleur. »</p>
<p>« Je me sens plutôt bien écouté, mais il est nécessaire de renforcer la prévention sur cette maladie, car beaucoup de gens en sont atteints sans le savoir, ce qui peut être dangereux pour leurs descendants. »</p>
<p><strong>Les dernières données disponibles indiquent que 466 enfants atteints de drépanocytose sont nés en France en 2015, établissant ainsi une prévalence d’un enfant touché pour 1 736 naissances. Cela en fait la maladie génétique la plus répandue en France. Néanmoins, cette prévalence est bien plus élevée dans les départements d’outre-mer (1/499) ainsi qu’en région parisienne (1/765), où se concentrent les populations à risque. (Inserm)</strong></p>
<p class="has-vivid-red-color has-text-color"><em><strong>Fondé en 2010, l’association <a href="https://www.drepa31.fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">DREPA31</a> à pour but de soutenir les personnes atteintes de la drépanocytose, ainsi que leurs familles, de favoriser la recherche scientifique, de contribuer à la diffusion des informations concernant le dépistage, le suivi et les méthodes de traitement de ces maladies, de servir de trait d’union entre les personnes malades, les hôpitaux et les institutions administratives.</strong></em></p>
<p class="has-vivid-cyan-blue-color has-text-color"><strong>N’hésitez pas également a suivre @<a href="https://www.instagram.com/tlodiie/?hl=fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TLODIIE</a> sur Instagram pour en savoir un peu plus sur la maladie et son combat quotidien.</strong></p>
<p>Interview réalisée par Aboubacar KONTE</p>
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		<item>
		<title>MON VOILE ! ET SI C’EST MOI QUI VOUS EN PARLAIS ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Jun 2025 10:00:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Thème phare de nos politiques, le port du voile est devenu depuis de trop nombreuses années un sujet qui fait polémique, mais qui de mieux pour en parler que celles absentes du débat public : Les femmes portant le voile, de la raison de son port, à leur quotidien entre regards, jugement et propos blessants. 5 [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Thème phare de nos politiques, le port du voile est devenu depuis de trop nombreuses années un sujet qui fait polémique, mais qui de mieux pour en parler que celles absentes du débat public : Les femmes portant le voile, de la raison de son port, à leur quotidien entre regards, jugement et propos blessants. 5 femmes réparties sur l’hexagone âgées de 16 à 47 ans ont accepté de répondre à mes questions ! </em></strong></p>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Depuis quand vous êtes-vous voilée et pourquoi avez-vous décidé de vous voiler ? </strong></p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Alors, je porte le voile depuis que j’ai 12 ans et j’ai décidé de le faire sans raison apparente, c’était juste un déclic, un jour j’avais envie de le garder sur ma tête pour sortir en revenant de l’école coranique (personne ne le portait dans mon entourage et je savais pas du tout que c’était obligatoire en Islam). »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je porte le voile depuis novembre 2021, 1 an et demi du coup. Ayant grandi dans une famille musulmane, porter le voile me traversait déjà l’esprit depuis la Terminale. Pourtant on ne parlait jamais de voile à la maison mais je ne sais pas, je ressentais le besoin de le porter un jour. Mais bon, le regard des gens me bloquait énormément. Puis est arrivé le Covid, comme pour tout le monde ça a été une grande période d’introspection. Je trouvais plus de sens dans grand-chose, ni mes cours, ni mon permis que je devais passer, ni mes relations, ma vie sociale. La seule chose qui donnait un peu de sens à mon quotidien ça a été la religion. Alors j’ai eu envie de faire un pas vers cette voie qui m’apaisait tant. Porter le voile s’est présenté comme une évidence. Et puis le regard des gens, vu que plus rien n’avait vraiment de sens, j’y portais plus attention. Et jusqu’à aujourd’hui, c’est là meilleure décision que j’ai prise de ma vie. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je suis voilée depuis mes 13 ans. J’ai grandi dans l’Islam et j’ai toujours été au cours d’arabe/coran et sciences religieuses à la mosquée. J’avais une prof géniale qui nous sensibilisait, nous expliquait les interdits et les devoirs en Islam. On était jeunes donc c’était important de comprendre le pourquoi du comment, surtout pour le voile. C’est en partie grâce à elle que j’ai compris l’importance du voile. Je lui en serais éternellement reconnaissante. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je suis voilée depuis mon année de seconde au lycée, en quête de mon identité j’ai décidé de m’intéresser à ma religion, car même si j’étais pratiquante, je ne connaissais pas grand chose sur l’islam. À vrai dire j’ignorai énormément de notions obligatoires, dont le port du voile. Lorsque j’ai appris qu’il était obligatoire pour la femme musulmane pubère, je me suis naturellement voilée sans difficulté. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Depuis 5 ans, un jour je me suis réveillée et j’ai eu une forte envie de me voiler, je n’ai pas vraiment d’autre explications, pour moi le moment était venu de me voiler. »</p></blockquote>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Quel est le quotidien d’une femme portant le voile ? </strong></p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le quotidien d’une femme portant le voile dépend aussi du lieu où elle se trouve. Dans ma famille ça pose aucun souci étant donné qu’on pratique tous et que les femmes de ma famille sont voilées. Scolairement parlant, à part au lycée où je devais le retirer en entrant, en études supérieures je n’ai eu aucun souci avec ça, je suis dans une fac super ouverte sur ces questions-là et il y a énormément de femmes voilées. Après quand j’ai cours sur un autre campus, où alors que je me balade tout simplement j’ai déjà eu le droit à des remarques, des regards déplacés ou des soupirs. J’ai déjà demandé à une femme pourquoi elle me regardait avec autant d’insistance, sans réponse. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Personnellement je subis souvent des regards de jugement, de haine, ainsi que des propos racistes et inappropriés sur ma manière de m’habiller par exemple ou encore sur le fait que je sois « encore jeune » et que je gâche ma « beauté » Pour les gens si une femme porte le voile c’est qu’elle représente l’islam et qu’elle se doit d’être parfaite, or cette image est complètement erronée puisque l’on reste des êtres humains plein de défauts comme tout le monde. Concernant ma famille, elle a peur pour moi, mais sinon elle ne m’a ni obligé à le mettre ni à l’enlever, je reste libre des choix. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le regard des gens change forcément. Pour mon cas, je ne saurais pas dire si c’était en bien ou en mal. Parce qu’à vrai dire depuis que je porte le voile, je marche sans regarder personne, sans me soucier de qui m’acceptera ou non. Je m’étonne encore aujourd’hui de cette « insouciance » étant donné que j’ai toujours grandi en construisant mes choix d’avenir selon le regard des gens. Mais plus depuis 1 an et demi avec les élections, mon quotidien, c’est d’être constamment en état d’alerte quand je sors. Je ne sais pas, je sens que les gens sont plus à l’aise pour crier haut et fort leur opposition au voile. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas subi d’agression par rapport à mon voile. Et je remercie Dieu parce que je sais de par ma sœur que c’est courant. Encore il y a quelques semaines, une amie très proche m’appelait en pleurant pour m’expliquer avoir été insulté par une femme dans le métro pour son voile. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Moqueries et critiques incessantes comme « tu ne ressembles à rien avec ton bout de tissus » « Tes parents t’ont obligé ?! » « Réfléchis encore, t’es petite … » « un jour viendra où tu l’enlèveras … » « Tu ne trouveras jamais de mari comme ça » « Ça ne te va pas » « Tu nous tape la honte » …  Je préfère en rire qu’en pleurer, vraiment je ne réponds pas à leur critiques ou moqueries, le regard des gens m’importe peu. Ceci est mon choix et je suis contente de pouvoir porter le voile et sortir avec. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Dans la rue au quotidien c’est dur parfois car on reçoit des regards méprisants vis à vis de notre tenue, des remarques parfois déplacées. Il y a beaucoup de stéréotypes aussi à notre sujet, le fait qu’on soit « soumise à notre mari » pour le mettre et qu’on nous ai forcé à le mettre. Au niveau de ma famille tout se passe bien c’est même eux qui m’ont encouragé à le mettre, sur ce point je n’ai pas de problème. »</p></blockquote>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Quelle est votre réaction quand vous entendez tout ce qui se dit dans les médias, notamment sur le fait que vous seriez forcées à vous voiler, entre autre ? </strong></p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Quand j’entends cela, j’ai une colère qui gronde en moi car c’est totalement faux pour la plupart des femmes, ils font d’une minorité une généralité et puis ça donne une mauvaise image de l’islam et c’est pour ça qu’on ne peut pas bien  « s’intégrer » en France, car on aura toujours des stéréotypes à notre égard à cause des médias. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Ce qui fait mal c’est de voir qu’on est perçues comme incapables de raisonner par nous-même. Pour eux, ce n’est pas un choix, on est soumises à des hommes. Un prof au lycée m’avait fait cette réflexion. Maintenant, ça me passe au-dessus de la tête et j’en fait même de l’auto dérision. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Les médias, j’essaye de ne pas y prêter attention. Pour moi tout ce qui se dit sur l’islam en général sur les grandes chaînes comme BFMTV sont des choses insensées, donc je n’en pense pas grand-chose à part qu’ils ne savent rien de ce qu’on vit réellement. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« J’aime énormément m’informer sur l’actualité, mais depuis 1 an j’ai arrêté de regarder ce qu’il se passe aux infos, justement pour ça. Libre à eux de penser que je suis forcée à le porter, je m’en fiche un peu (beaucoup). Je n’ai rien à dire à des personnes qui se disent défenseurs des droits et de la liberté des femmes sans écouter ces dernières justement. L’image de la femme musulmane voilée libre, ambitieuse et éloquente ne leur plaît pas. Parler avec eux serait un dialogue de sourd. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je suis exaspérée de voir à tel point ils ne connaissent rien à rien, je ne regarde même plus les médias. Personne ne me force à le porter c’est vraiment un choix personnel, je n’ai été influencée par personne. Cependant l’ironie de la chose, c’est que la société veut à tout prix me diriger de sorte à ce que j’enlève le voile, donc en quelque sorte elle m’oblige à faire le contraire de ce que je veux. Pour travailler par exemple peu d’entreprises autorisent que leurs salariées portent un voile, pourtant le fait de se couvrir la tête ne diminue en rien les compétences. Cependant on peut encore trouver des entreprises qui n’y voient aucun inconvénient et du coup autorisent le port du voile. »</p></blockquote>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Quelle est votre place dans la société aujourd’hui ? </strong></p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je suis une femme noire. Deux facteurs qui font que depuis petite, je sais que je dois fournir plus d’efforts que les autres pour atteindre mes objectifs. A ma couleur de peau, j’ai ajoutée le voile donc oui, j’ai beaucoup plus de mal que les autres dans le monde professionnel. J’aime ce pays, j’y suis née, j’y ai grandi, je suis française mais plus j’évolue et moins je trouve ma place dans le pays qui m’a vu naître. Je me vois très mal toquer désespérément à toutes les portes pour un emploi toute ma vie. À moi de créer mes propres portes. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Aujourd’hui dans la société, je ne me sens pas intégrée à cause de ma religion et mon voile. Je ne me sens également absolument pas citoyenne ou française, d’ailleurs c’est pour cette raison que je n’arrive pas à aller voter avec conviction, je ne me sens pas concernée par ce qui se passe dans ce pays. Je me sens totalement exclue socialement, honnêtement. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Les choses avancent. Pas très vite, mais on commence à voir du changement. Surtout au niveau des nouvelles générations. On fait beaucoup plus dans l’inclusion. Après pour trouver du travail par exemple c’est toujours compliqué. J’ose encore espérer que ça changera un jour même si en vrai je n’y crois pas. Mais ce n’est pas pour ça que je baisse les bras pour nous, femmes voilées. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« J’ai l’impression qu’à l’heure actuelle, mon voile est une obsession pour la société. Je ne suis pas vraiment écoutée… La parole est donnée à des gens qui n’ont rien à voir avec le sujet. Heureusement, je suis soutenue par mes proches. J’ai plus de mal à m’adapter que les autres, j’ai l’impression que mon voile est un handicap alors qu’il ne le devrait pas l’être puisque c’est simplement un vêtement et pour la France qui applique la laïcité, ce n’est pas un signe religieux. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je ne me sens pas du tout écoutée, plutôt délaissée même … Mais ça ne me fait plus rien à force, car maintenant on a l’habitude. L’islam est toujours « la méchante religion qui dérange » quant à ma place dans la société, nous en reparlerons quand la société décidera de m’accepter avec mon voile et m’ouvrira les portes de l’emploi et celles de certaines écoles post bac. »</p></blockquote>
<p class="has-text-align-center has-large-font-size"><strong>Qu’est-ce qui doit changer vis-à-vis des femmes voilées ? Avez-vous un message pour vos consœurs voilées également ?</strong></p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le regard qui leur est porté doit changer. Une fois qu’on aura compris qu’un voile n’affecte pas nos capacités physiques et mentales on aura fait un grand pas en avant. Un gros bisou et beaucoup de courage à mes sœurs, unissons-nous et on fera de grandes choses ensemble ! »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Il y a un sujet qui me tient à cœur, c’est le jugement et l’acharnement sur les femmes qui décident d’enlever leur voile. Ce qui est triste c’est que ça vient surtout d’hommes et de femmes musulmans. Si on était tous bienveillants et compatissants entre frères et sœurs de la même religion, peut-être qu’on serait plus écoutés et plus pris au sérieux par les personnes extérieures à l’Islam. Et puis à mes sœurs qui portent le voile, je leur dirais de s’accrocher à celui-ci. J’aime penser que chaque peine que l’on ressentira, chaque obstacle que l’on surmontera pour préserver notre voile est récompensé auprès d’Allah. Ne vous limitez pas aux opportunités que les gens voudront bien vous donner. Vous pouvez tout faire avec votre voile. Créez vos propres opportunités. Si une porte se ferme, une autre s’ouvrira In sha Allah parce que du moment que vous avez Dieu à vos côtés, vous êtes gagnantes. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Pour moi ce qui doit changer c’est qu’on doit arrêter de voir la femme voilée comme un voile tout seul. En dessous il y’a une femme, un humain comme tout le monde. Aujourd’hui ça a pris plus d’ampleur que ça ne devrait. Chacun s’habille comme il le veut ça devrait être une évidence, c’est logique ! Et pour mes soeurs, ne donnez pas d’importance à ce débat sans fin et sans fondements. Pour moi il n’a même pas lieu d’être, bien sûr on se défend comme on peut mais pour préserver notre santé mentale on ne devrait pas trop prendre ça à cœur, on devrait le prendre avec un certain détachement. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Faudrait qu’on arrête de vouloir déshabiller les femmes voilées. Il faudrait les laisser libres de leur choix, comme tout le monde. Je n’ai pas de message particulier mais j’espère qu’elles garderont la tête haute et qu’elles se rendront compte de leur valeur, j’espère qu’aucune ne perdra espoir et qu’elles seront fières d’elles malgré les difficultés qu’elles peuvent rencontrer. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Que les gens laissent les femmes musulmanes tranquilles, voilées ou non. Le voile ce n’est pas juste un bout de tissu. Derrière le voile se cache un comportement que doit adopter la femme et des convictions à suivre … Personnellement je me sens beaucoup plus libre avec mon voile car je vois ça comme un acte de liberté. »</p></blockquote>
<p>Pour rappel <strong>rien n’interdit le port de signes religieux dans l’espace public, qu’il s’agisse d’un voile, d’une croix ou d’une kippa, </strong>conformément au principe de la liberté religieuse, définie – notamment – par l’article 10 de la <a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789">Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789</a> : «<strong> Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.</strong> »</p>
<p><a href="https://www.echr.coe.int/Documents/Convention_FRA.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’article 9 </a>de la Convention européenne des droits de l’homme prévoit en outre que « la liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».</p>
<p>Interview réalisée par Aboubacar KONTE</p>
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		<title>INTERVIEW : ENTRETIEN AVEC UN ÉDUCATEUR SPÉCIALISÉ « UN MÉTIER AVANT TOUT HUMAIN ! »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 10:00:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’éducateur spécialisé aide des personnes en situation de handicap ou en difficulté à devenir autonomes. Avec une double mission : contribuer à leur épanouissement personnel et à leur insertion en société. Ni père ni copain, l’éducateur spécialisé partage la vie quotidienne de jeunes ou d’adultes présentant des déficiences physiques ou mentales, des troubles du comportement ou [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>L’éducateur spécialisé aide des personnes en situation de handicap ou en difficulté à devenir autonomes. Avec une double mission : contribuer à leur épanouissement personnel et à leur insertion en société. Ni père ni copain, l’éducateur spécialisé partage la vie quotidienne de jeunes ou d’adultes présentant des déficiences physiques ou mentales, des troubles du comportement ou des difficultés d’insertion, dans le cadre d’une interview Florian éducateur en formation a accepté de nous en dire un peu plus sur ce métier plus qu’essentiel dans une société prônant l’égalité des chances.</em></strong></p>
<p><strong>Comment définiriez-vous votre métier en quelques mots ?</strong></p>
<p>Si je devais le résumer en quelque mots je dirais <strong>difficile</strong>, <strong>fatiguant</strong> mais avant tout <strong>humain.</strong> Car je ne pense pas que l’on puisse faire meilleur métier que celui-là dans le social. On est vraiment au près des problèmes sociaux des français.</p>
<p><strong>Avec quel public êtes-vous amené à travailler le plus souvent ? </strong></p>
<p>Nos publics sont divisés en <strong>trois catégories : </strong></p>
<p><strong>L’insertion</strong>, généralement ce sont des publics qui vivent à l’extérieur de nos structures mais qui sont à la recherche d’emploi, ça peut être des sans-abris, des migrants voir même des jeunes de quartiers.</p>
<p>Nous avons aussi <strong>le handicap adulte et enfant.</strong> Généralement on les accompagne au quotidien mais il peut arriver qu’on puisse les accompagner directement de chez eux (car il ne faut pas oublier que handicap ne signifie pas inapte)</p>
<p>Puis nous avons <strong>la protection de l’enfance</strong>, ce sont des enfants qui sont placés à cause de problème qui se passent dans leurs familles.</p>
<p>En résumé nous pouvons nous occuper de tous les publics à partir de 6 ans, en dessous ce sont les éducateurs de jeunes enfants qui s’en occupent</p>
<p><strong>Quelles sont vos différentes missions ?</strong></p>
<p>Nos missions vont différer d’une structure à l’autre, il y en a qui vont plus être centré sur le médical alors que d’autre plus sur l’aspect administratif ou bien sur l’aspect d’animation. Mais je dirais que la mission la plus importante dans notre métier c’est l’accompagnement de nos publics vers l’autonomie, afin qu’il n’ait plus besoin de nous.</p>
<p><strong>Quelles sont les qualités que doit avoir un bon éducateur ?</strong></p>
<p>Les qualités essentielles d’un éducateur sont le sang-froid car on va avoir à faire face à des personnes qui peuvent se montrer parfois violente.</p>
<p>La motivation car notre métier on ne le fait pas pour l’argent mais plutôt pour la passion.</p>
<p>L’adaptation, savoir s’adapter à tout type de situation car c’est également un métier d’imprévu.</p>
<p>Voilà pour moi les trois qualités essentielles d’un éducateur.</p>
<p><strong>À quoi ressemble la journée-type d’un éducateur ?</strong></p>
<p>La journée d’un éducateur est bien rythmée, moi je travaille dans une maison d’enfant qui accompagne des enfants de 5 a 21 ans, 7/7, 24h/24.</p>
<p>Donc généralement on va faire des journées de 10h. On va accompagner les enfants, chercher le linge, s’occuper de l’administratif, proposer des activités, les repas. On peut aussi travailler les week-ends ou de nuit mais généralement on a une prime. Et on a obligatoirement 2 jours de repos dans la semaine.</p>
<p><strong>Etes-vous libre de concevoir vos projets ou vous impose-t-on les actions à mener ? </strong></p>
<p>Alors pour les projets, ça va dépendre de notre chef de service, certains aime bien que l’on soit acteur de propositions et d’autre non. Généralement on peut proposer les activités et projets qu’on a envie de mener dans la mesure où on a le budget nécessaire pour ça et si ça va apporter quelque chose dans l’accompagnement de nos publics.</p>
<p><strong>Quels sont les cas les plus tragiques ou triste auxquelles vous avez eu à faire face ? </strong></p>
<p>Dans ce métier ça ne manque pas les anecdotes tristes. Celle qui est pour moi qui est la plus triste, c celle d’un homme atteint d’un handicap psychique. Après avoir touché ses nièces. il a violé plusieurs de nos résidentes. Malgré cela on a quand même dû l’accompagner car il fallait quelqu’un pour le faire. Ça a quand même crée de nombreux traumatismes pour les filles.</p>
<p><strong>Quels sont au contraire les cas les plus joyeux auxquelles vous avez eu à faire face ? </strong></p>
<p>La fin de mon second stage, quand une dame que j’accompagnais ma remercier, suite au confinement elle n’arrêtait pas de trembler et donc toutes ses activités du quotidien était très limité, on l’aidait déjà mentalement à reprendre confiance en elle et on l’accompagnait dans les tâches du quotidien.</p>
<p>Aujourd’hui elle ne tremble plus ce merci n’est peut-être rien du tout pour certains mais pour moi ça a été comme un grand bol d’air frais.</p>
<p><strong>Quels sont les avantages et les inconvénients de ce métier ? </strong></p>
<p>Je dirais qu’il y a plus d’avantages que d’inconvénients. On n’est pas beaucoup payé et on a des horaires pas forcément adaptés à notre vie sociale.</p>
<p>Après dans les avantages, c’est le fait qu’on puisse faire des pauses quand on n’a rien de prévu et qu’on puisse proposer des activités sympas auquel on puisse participer comme les activités jeux vidéo avec les enfants et c’est un métier enrichissant humainement.</p>
<p><strong>Le métier est-il réservé à une catégorie de personne particulière, ou au contraire vous le conseiller à toutes celles et ceux qui se sente apte ? </strong></p>
<p>Je dirais tout le monde peut le faire, tant qu’il a la motivation et l’amour pour son prochain.</p>
<p><strong>Quel est le salaire d’un éducateur ? Estimez-vous être payé à votre juste valeur ? </strong></p>
<p>Personnellement en tant que stagiaire je suis payé 3,90 de l’heure.</p>
<p>Mais un éducateur peut aller jusqu’à 1600 euros en moyenne ce qui est très bas pour tout ce qu’on fait.</p>
<p><strong>Quels sont les conseils que vous donneriez à des étudiants qui se lancent dans cette profession ?</strong></p>
<p>Armez-vous de patience et allez-y sans préjugés vous serez surpris du formidable monde qu’est celui du social.</p>
<p><strong>Qu’aimerez-vous voir changer ? </strong></p>
<p>Plus de budget pas que pour nous les éducateurs mais aussi pour tous les autres postes sociaux, plus de moyens pour les structures, plus de visibilité et ce sera déjà un très bon début.</p>
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		<title>INTERVIEW : ENTRETIEN AVEC UN ÉBOUEUR « LES GENS SONT DE PLUS EN PLUS SALES ! »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Jun 2025 10:00:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Selon un blog paru dans le Monde Diplomatique qui cite l’Inserm, les éboueurs perdraient en moyenne 17 années d’espérance de vie, métier contraignant tant bien physiquement que psychologiquement, ces héros du quotidien qui continué à collecter les poubelles même au plus fort des mesures de confinement, sont pourtant de plus en plus mépriser par la société, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Selon un blog paru dans le Monde Diplomatique qui cite l’<a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Institut_national_de_la_sant%C3%A9_et_de_la_recherche_m%C3%A9dicale">Inserm</a>, les éboueurs perd</strong>r<strong>aient en moyenne 17 années d’espérance de vie, métier contraignant tant bien physiquement que psychologiquement, ces héros du quotidien qui continué à collecter les poubelles même au plus fort des mesures de confinement, sont pourtant de plus en plus mépriser par la société, dans une interview l’un d’entre eux a accepté de répondre à mes questions, du mépris de classe, à la difficulté du métier, en passant par leur quotidien et leurs rapports à la société une interview pleine de sincérité qui vous donnera probablement une autre image de ce métier. </strong></p>
<p><strong>Pouvez-vous nous décrire votre métier ? </strong></p>
<p><em>Éboueur, c’est une association de plusieurs métiers, parmi lesquels nous pouvons retrouver, le balayeur, le souffleur, le ripeur, etc, en sommes tout ce qui concerne les entretiens de l’espace urbain. Il faut savoir qu’il y a les employées de la mairie et ceux des sociétés privées, la différence entre les deux et surtout dans la pression mise par l’employeur, </em>la société privée étant elle-même employée de la mairie elle met plus de pression sur ses employées qu’un employé qui serait en collaboration directe avec la mairie, moi je suis souffleur (machine qui projette un flux d’air pour éloigner ou regrouper les feuilles mortes tombées au sol, souvent pour en faire des tas qu’une machine aspirante pourra éventuellement recueillir plus tard.) pour une société privée.</p>
<p><strong>Quelle est la journée type d’un éboueur ?</strong></p>
<p>Les journées se suivent et se ressemblent, il nous est attribué plusieurs secteurs et chaque semaine, en tant que souffleur il nous est demandé de tourner dans ce secteur composer de plusieurs rues, nous arrivons à 7 h au dépôt, nous nous changeons aux vestiaires boit un café et attendons de commencer à 8 h ,car avant cela crée des nuisances sonores au pré des habitants la seule fois où on nous a envoyés commencer plutôt nous avons été sanctionnés et avons était obligé d’utiliser un souffleur électrique, le souffleur électrique étant moins puissant ce qui nous oblige parfois même à finir à la main pour s créer de retard.<em> Une fois le soufflage commencé à 8 h nous faisons plusieurs tas jusqu’à avoir fini la rue, le reste appartient à l’aspire feuille qui est chargée de venir en camion venir aspirer les feuilles.</em></p>
<p><strong>Quels sont les avantages de ce métier ou du moins ce qui vous plaît dedans ? </strong></p>
<p>Les avantages de ce métier sont les suivants : le sentiment de se sentir utile, de servir à quelque chose, il y a également le fait de faire sourire les enfants, qui n’hésitent pas à nous saluer et même les plus âgées qui parfois nous laissent des pourboires.</p>
<p><strong>Quels sont les inconvénients de ce métier ?</strong></p>
<p>Il y a énormément d’inconvénients, mais si je devais insister sur un inconvénient en particulier, c’est celui du manque de respect, les habitants doivent faire un travail sur eux-mêmes, nous sommes là pour entretenir la ville, ce sont les mêmes qui se plaignent des rues sales, mais n’hésite pas à nous insulter quand il faut patienter cinq minutes le temps qu’on nettoie.</p>
<p><strong>Vous imaginiez tout ça quand vous avez commencé ?</strong></p>
<p><em>Je n’imaginais pas tout ça, car je ne connaissais pas l’envers du décor, et de l’extérieur le métier a l’air plus facile qu’il en est, une fois dedans on se rend compte de sa réelle dureté et surtout du fait qu’il est composé de plusieurs autres métiers, il faut savoir être polyvalent. </em></p>
<p><strong>Pensez-vous que le métier serait plus aisé si la société était un peu plus civile ? </strong></p>
<p><em>Si la Société était plus civile le métier serait un peu plus facile, je ne dis pas qu’on occulterait toutes les difficultés, mais ça le rendrait plus agréable, c’est au contact des gens que j’ai appris à quel point le manque de civilité était élevé.</em></p>
<p><strong>Avez-vous l’impression que les gens sont de plus en plus sales ? </strong></p>
<p>Les gens sont de plus en plus sales, il suffit de voir l’état de la rue, des canettes en pagailles, des mouchoirs, des papiers, mais ce qui me choque le plus ce sont les masques à l’heure d’une pandémie mondiale les masques n’ont vraiment rien à faire dehors surtout lorsqu’on sait qu’il y a des poubelles tous les 30 mètres ! Qu’est-ce qui nous empêche de faire l’effort ?</p>
<p><strong>Avez-vous l’impression que le métier d’éboueur est considéré à sa juste valeur ?</strong></p>
<p>Selon moi aucun métier n’est considéré sa juste valeur, celui d’éboueur n’y loupe pas et je pense que ce sera le cas advita æternam et cela est particulièrement triste, sans les éboueurs et tous les corps de métiers présents dans cette appellation, les villes ne ressembleraient plus à rien !</p>
<p><strong>Quelles sont vos relations avec la population ?</strong></p>
<p>Je ne veux pas tomber dans les clichés, mais moi travaillant dans les quartiers riches j’ai vraiment des difficultés, ce sont des gens qui payent leurs impôts avec lesquels notre société est payée, ils sont donc plus enclins à mettre la pression que si l’on était des employés directs de la mairie, si les rues ne sont pas faites en temps prescrit on sait qu’on en pâtira, au point même où on a peur des pauses au risque d’être dénoncée alors que nous prenons juste un temps de pause auquel on a le droit comme tout employé d’un autre secteur, heureusement cela ne représente pas la majorité, il y a également des personnes très bienveillantes et souriantes.</p>
<p><strong>Quelle est votre réaction vis-à-vis de ceux qui négligent le métier d’éboueur et parle même parfois de sous métier ?  </strong></p>
<p>Au début j’avais un complexe vis-à-vis du métier tant on entend des choses, mais je ne leur en veux pas, c’est ainsi que la société a été formater depuis enfants nous entendons des critiques négatives vis-à-vis des éboueurs forcément un moment on finit par le penser, c’est navrant, mais on ne peut rien n’y faire si ce n’est un travail de sensibilisation individuel et collectif.<em> </em></p>
<p><strong>Conseilleriez-vous le métier d’éboueur à quelqu’un de lambda ? </strong></p>
<p>Je ne le conseillerais pas, c’est un métier éprouvant et difficile, et qui nuit à la santé, moi je suis par exemple à la soufflette je suis exposé à l’odeur de l’essence, la société nous fournissons pas de masque, et au bruit n’ayant pas de casque, ce qui nuit aux oreilles à long terme.</p>
<p><strong>Quel est le mot que vous voudriez faire passer aujourd’hui ? </strong></p>
<p><em>Ce que j’aimerais dire aujourd’hui c’est : « ne soyez pas condescendants, arrogants, orgueilleux ou méprisants, restez humble quel que soit votre corps de métier ou l’argent qui rentre sur le compte en banque à la fin du mois, la moindre des choses est le respect d’autrui, nous ne sommes que de passage sur terre, il est donc important de se rendre agréable ce passage et cela passe par le respect d’autrui ». </em></p>
<p>The post <a href="https://tatmedia.fr/article/interview-entretien-avec-un-eboueur-les-gens-sont-de-plus-en-plus-sales/">INTERVIEW : ENTRETIEN AVEC UN ÉBOUEUR « LES GENS SONT DE PLUS EN PLUS SALES ! »</a> appeared first on <a href="https://tatmedia.fr">T.A.T | Le média qui TE ressemble.</a>.</p>
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		<title>EXCISION : ET SI ON S’EN PARLAIT ?</title>
		<link>https://tatmedia.fr/article/excision-et-si-on-sen-parlait/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Jun 2025 10:00:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pratique ancestrale, les mutilations sexuelles féminines (MSF) concernent aujourd’hui encore au moins 200 millions de femmes et de filles dans le monde, à travers plus de 90 pays et tous les continents, à l’exception de l’Antarctique ! En tant qu’atteinte aux droits humains et à l’intégrité physique basée sur la domination masculine sur le corps et la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pratique ancestrale, les mutilations sexuelles féminines (MSF) concernent aujourd’hui encore au moins 200 millions de femmes et de filles dans le monde, à travers plus de 90 pays et tous les continents, à l’exception de l’Antarctique ! En tant qu’atteinte aux droits humains et à l’intégrité physique basée sur la domination masculine sur le corps et la sexualité des femmes, elles nous concernent toutes et tous</strong>.</p>
<p><strong>Depuis plus de trente ans, la société civile du monde entier s’est mobilisée pour mettre fin à l’excision.</strong> <strong>L’abandon total des MSF d’ici à 2030 est inscrit dans la cible 5.3 des Objectifs de Développement durable (ODD)</strong>.</p>
<p class="has-large-font-size"><strong>Mais qu’est-ce que l’excision ? </strong></p>
<p>Bien que l’excision soit une forme particulière de mutilation sexuelle féminine (type 11), l’appellation est parfois employée dans son acception générique comme synonyme de MSF. Les mutilations sexuelles féminines concerner toute personne née avec une vulve, toutes identités de genre confondues.</p>
<p>L’Organisation mondiale de la santé (OMS) regroupe sous le terme de mutilations génitales féminines/excision (Female Genital Mutilation/Cutting, FGM/C) toutes les pratiques qui entraînent une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou d’autres lésions à des fins non médicales.</p>
<p>Il existe plusieurs types d’excision :</p>
<ul class="wp-block-list">
<li>Type I (clitoridectomie): ablation partielle ou totale du clitoris externe et/ou du capuchon du clitoris.</li>
</ul>
<ul class="wp-block-list">
<li>Type II (excision): ablation partielle ou totale du clitoris externe et des petites lèvres avec/sans ablation des grandes lèvres.</li>
</ul>
<ul class="wp-block-list">
<li>Type III (infibulation ou «excision pharaonique»): rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris.</li>
</ul>
<ul class="wp-block-list">
<li>Type IV: toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple la perforation ou le déchirement des organes génitaux internes et externes.</li>
</ul>
<p class="has-large-font-size">« <em>Nous ne parviendrons à l’abandon de l’excision qu’en travaillant main dans la main et en renforçant les ponts entre les acteurs et actrices de terrain, en France et dans le monde. »</em> <strong>Ramata Kapo, présidente d’Excision, parlons-en ! </strong></p>
<p class="has-large-font-size"><strong>Pratique vraiment avantageuses ? </strong></p>
<p>Bien que dans certaines cultures l’excision est mis <strong>au même pied que la circoncision, elle ne présente aucun avantage</strong> pour la santé et entraine de graves conséquences physiques (douleurs, infections des voies urinaires, complications obstétricales…), mais aussi psychologiques et sexuelles tout au long de la vie des femmes.</p>
<p>Parmi les risques auxquels sont exposées les filles et les femmes victimes d’excision, il est possible de citer :</p>
<p><strong>Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH)</strong> : l’utilisation d’un même instrument non stérilisé pour l’excision de plusieurs filles est susceptible d’accroître le risque de transmission du VIH. Par ailleurs, l’augmentation du risque des saignements au cours des rapports sexuels, qui est fréquent lorsque la désinfibulation est nécessaire, peut accroître le risque de transmission du VIH.</p>
<p><strong>Les répercussions sur le nouveau-né</strong> : les résultats d’une étude menée par l’Organisation mondiale de la Santé sur 28 000 femmes dans différents pays, prouvent que les mutilations sexuelles des mères ont des conséquences négatives sur les nouveau-nés : les taux de décès périnatal chez les nouveau-nés sont plus élevés pour les enfants des femmes ayant subi une mutilation sexuelle que pour les enfants des femmes n’ayant pas subi de mutilation (supérieur de 15 % pour les enfants dont les mères ont subi une mutilation de type I, de 32 % lorsque les mères ont subi une mutilation de type II, et de 55 % lorsqu’il s’agit d’une mutilation sexuelle de type III) (<strong>L’étude a porté sur 28</strong> <strong>393 femmes dans 28 centres de soins obstétricaux</strong> <strong>de six pays où les mutilations génitales sont courantes – Burkina Faso, Ghana, Kenya, Nigeria, Sénégal et Soudan.</strong>)</p>
<p><strong>Déscolarisation</strong> : Les filles qui subissent des mutilations génitales féminines courent plus de risques d’être mariées avant l’âge adulte et d’abandonner l’école, ce qui hypothèque leurs perspectives d’un avenir meilleur pour elles et leurs communautés.</p>
<p>Dans la plupart des cas, les conséquences catastrophiques de cette forme de mutilation génitale féminine sont inconnues des populations la pratiquant. En effet, la majorité des femmes excisées qui rencontrent ces problèmes ne savent pas que ceux-ci sont liés à l’excision dont elles ont été victimes enfants, ces problèmes ne survenant pour la plupart qu’au moment de la puberté.</p>
<p>Pourtant, dans le monde, 200 millions de femmes et de fillettes ont subi une mutilation sexuelle féminine (<strong>Unicef, 2016</strong>) et une fille est encore excisée toutes les dix secondes.</p>
<p class="has-large-font-size"><strong>Pourquoi continuer ? </strong></p>
<p>Le maintien de la pratique est sous-tendu par un ensemble de croyances culturelles, religieuses » et sociales. Les raisons invoquées par les groupes qui perpétuent l’excision peuvent varier d’une région, ethnie communauté à l’autre et peuvent se cumuler.</p>
<p>Dans certaines communautés, elles sont vues comme un moyen d’asservir la sexualité des filles ou une garantie de chasteté. Dans d’autres communautés, elles constituent un prérequis au mariage ou à la succession. Dans les sociétés où cette pratique est le plus répandue, elle est souvent considérée comme un rite de passage pour les filles. <strong>Les mutilations génitales féminines ne sont pas approuvées par l’islam ou le christianisme</strong>, mais les croyances liées à la religion sont fréquemment invoquées pour justifier leur pratique.</p>
<p>Globalement, il s’agit d’une norme sociale : les MSF sont perpétuées en raison d’un sentiment d’obligation sociale fort, dans le but de protéger les filles de la stigmatisation et de la marginalisation, mais nous pouvons également entendre des arguments comme, la favorisation de la fécondité.</p>
<p class="has-large-font-size"><strong>Médecins complices ? </strong></p>
<p>La médicalisation des MSF désigne les « <em><strong>situations dans lesquelles ces mutilations (y compris la réinfibulation) sont pratiquées par une catégorie ou une autre de personnel de santé, que ce soit dans un dispensaire privé ou public, à domicile ou ailleurs, à n’importe quel stade de la vie d’une femme. </strong></em>» (OMS).</p>
<p>Si depuis les 27 siècles que l’excision existe, des professionnelles de santé ont pratiqué des MSF, la médicalisation semble en augmentation depuis le début des années 2000″.</p>
<p>On estime qu’elle concernerait aujourd’hui plus d’un quart des MSF dans le monde, en particulier au Soudan (plus de 75 % des MSF pratiquées dans le pays), en Égypte, au Kenya, en Guinée et au Nigéria. L’Indonésie, la Malaisie, le Mali et le Yémen présentent également une forte hausse de la médicalisation.</p>
<p>Dans certains pays, comme l’Egypte ou la Malaisie, ce nouveau cadre a malheureusement été considéré par certaines associations et les gouvernements comme une solution acceptable, expliquent les chercheuses. Il aura fallu la mobilisation de la Fédération internationale des gynécologues obstétriciens pour que peu à peu la médicalisation soit interdite officiellement dans la plupart des pays, à l’exception notable de l’Indonésie.</p>
<p class="has-large-font-size"><strong>Comment faire évoluer la cause ?</strong></p>
<p>Les efforts déployés à l’échelle internationale ont permis d’accélérer les progrès réalisés pour éradiquer les mutilations génitales féminines. Aujourd’hui, les risques que court une fille de subir une excision sont réduits d’environ un tiers par rapport à il y a 30 ans.</p>
<p>Cependant, le maintien des résultats obtenus malgré la croissance démographique représente une difficulté majeure. D’ici à 2030, dans le monde, plus d’une fille sur trois naîtra dans l’un des 31 pays où les mutilations génitales féminines sont répandues. En conséquence, quelque 68 millions de filles âgées de moins de 15 ans, dont des nourrissons, seront exposées à un risque d’excision.</p>
<p>À l’heure actuelle, les MGF sont considérées comme « une affaire de femmes ». Les hommes n’interviennent que très rarement dans le processus de la pratique des MGF et leurs positions sur le sujet sont souvent floues. Or, les MGF concernent tous les membres de la communauté. La lutte contre les MGF passe donc aussi par l’implication des hommes et leur sensibilisation à la pratique.</p>
<p>Pour rappel ! Ces pratiques sont aujourd’hui définitivement reconnues par la communauté internationale comme une forme de violation des droits humains – une violation doublée d’une atteinte grave à la santé des jeunes filles et des femmes concernées.</p>
<p>Un grand MERCI à <a href="http://www.excisionparlonsen.org/">Excision, parlons-en !</a> et Anita Traore vice-présidente de l’association, et présidente-fondatrice de l’Association Chance et Protection Pour Toutes (<a href="https://associationcppt.fr/">ACPPT</a>) ! Pour l’envoie de leur rapport m’ayant permis la rédaction de cet article n’hésitez pas à <a href="http://www.excisionparlonsen.org/comment-agir/faire-un-don/">faire un don </a>pour faire avancer leur cause.</p>
<p>Par Aboubacar KONTE</p>
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		<title>L’INCESTE PAR DÉLÉGATION : DE L’INCESTUEL A L’INCESTE !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Jun 2025 10:00:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On compte 6,7 millions de victimes de l’inceste en France, soit 10% des Français. Une personne sur 10. Dans une classe de 30 élèves, 3 sont potentiellement victimes d’inceste. 78% de femmes et 22% d’hommes, aujourd’hui a l’heure de la libération de la parole, un homme a accepté de nous raconter son histoire, celui d’un jeune [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>On compte 6,7 millions de victimes de l’inceste en France, soit 10% des Français. Une personne sur 10. Dans une classe de 30 élèves, 3 sont potentiellement victimes d’inceste. 78% de femmes et 22% d’hommes, aujourd’hui a l’heure de la libération de la parole, un homme a accepté de nous raconter son histoire, celui d’un jeune garçon innocent subissant encore aujourd’hui les séquelles laisser par sa grand-mère qui également son bourreau, de ses troubles du comportement a ses pensées suicidaires Marc nous livre un témoignage poignant sans concession. </em></strong></p>
<p><strong>« </strong>Je m’appelle Marc, je suis né un samedi 13 septembre aux alentours de 14 h. C’est là que commence ma drôle de vie. Ma grand-mère maternelle folle de cette nouvelle choisit d’arrêter tous les bus sur laquelle mon grand-père assurait des allers/retours comme chauffeur. Un début sur les chapeaux de roues !</p>
<p>Ma mère avait 26 ans et mon père 24 ans. Nous habitions dans le 93 dans une commune un peu tranquille, d’abord dans un appartement puis rapidement en pavillon. Les voisins veillaient sur mes parents et ma famille, identifiée comme un peu originale. Ils fermaient régulièrement la porte du garage qui restait ouverte régulièrement. Ils sonnaient pour indiquer à mes parents qu’il fallait changer de côté le stationnement de leur véhicule en raison de l’alternance. Ils donnaient aussi des conseils à ma mère qui ne faisait pousser que des tiges sur ses jardinières en préconisant d’ajouter un plateau dessous pour retenir l’eau et éviter qu’elle ne se déverse dans la rue. Avec mon frère, il nous arrivait que mes parents nous charge en voiture avec des chaussons sans chaussures… Bref, un peu folklorique tout cela.</p>
<p>Deux périodes ont ensuite suivi. Une première : celle des colonies de vacances. Résultat, du monde tout le temps à la maison, guitare à la main pour faire des veillées, pour imaginer des projets pédagogiques… et en plus vie en collectivité pendant les congés scolaires.</p>
<p>Deuxième période, celle de l’Afrique. Mes parents conduisaient des projets humanitaires au Sénégal et au Burkina Faso de l’époque. Là encore, du monde tout le temps à la maison : fêtes africaines, repas traditionnels à la main avec femmes et hommes séparés, de nouvelles personnes le matin au petit déjeuner qui occupaient successivement le studio aménagé spécialement à cette fin.</p>
<p>Dans ce contexte, mon frère et moi étions un peu négligés. Mes parents travaillaient à Paris avec des temps de trajets importants et lorsqu’ils étaient à la maison, nous étions en collectivité. Rapidement, j’ai dû assurer des tâches classiques de gestion d’une maison : accompagner mon frère à l’école, repasser, faire à manger…</p>
<p>Dans ce contexte de saturation de leur emploi du temps, mes parents nous confiait, mon frère et moi, à mes grand-parents maternels. Plusieurs raisons à cela. Ma mère était fille unique et donc ses parents plus disponibles que mes grand-parents paternels avec leurs 4 enfants et leurs petits enfants nombreux.</p>
<p>Une autre donnée était que ma grand-mère maternelle était très invasive. Elle venait souvent chez mes parents, ouvrant la porte avec sa clef sans avoir prévenu… Il est à noter que ma mère a toujours indiqué qu’elle n’avait jamais reçu de marques d’amour et de tendresse de la part de sa mère. Cette dernière avait surinvesti le champ éducatif en voulant que ma mère fasse les meilleures études.</p>
<p>Le mécanisme de garde par ma grand-mère maternel s’est mis en œuvre assez rapidement. Mes parents étaient occupés et centrés sur eux. Ma grand-mère avait besoin de remplir son vide affectif. Ma mère recevait des marques valorisantes de la part de sa mère quand j’étais confié à elle.</p>
<p>Mon père trouvait ce mode de garde pratique ; lui aussi faisait l’objet de critiques de rejets de la part de ma grand-mère. Finalement, me confier à ma grand-mère lui donnait du bonheur ; bonheur retransmis à mes parents par cet échange.</p>
<p>J’ai donc passé de longs moments chez ma grand-mère, y compris après la naissance de mon frère 4 ans après. Mes souvenirs : une grand-mère invasive, qui ne cessait de vouloir nous embrasser, je dormais dans son lit, il lui arrivait d’être dévêtue devant moi… Elle nous surnourrissait avec des barres chocolatées, gâteaux, de la charcuterie…</p>
<p>Mon enfance fût de ce fait une enfance de gros moqué à l’école. Autonome pour faire tourner la maison familiale. Très mal psychologiquement. Dès l’âge de 4 ans, mes parents m’ont conduit chez un psy parce qu’ils me tapaient trop. J’étais agité et faisais beaucoup de bêtises. Un an et demi de suivi qui s’est arrêté brutalement. Ma mère ayant jugé que ma situation s’était améliorée.</p>
<p>En CE1, j’ai oublié complètement mes acquis de lecture de CP. Résultat, je déteste le « Petit Prince » car chaque soir, mes parents me forçaient à lire à voix haute ce livre pour lever mes blocages de lecture. Ma scolarité au primaire fut assez agitée : j’ai passé ma scolarité seul à ma table ou à ma table complètement collée au bureau de l’instituteur. La raison était que je bavardais beaucoup trop.</p>
<p>Le collège a été plus compliqué en raison des moqueries que je subissais à cause de mon surpoids. Au lycée, arrivé dans un lycée coté parisien, mon niveau scolaire moyen s’est écroulé. Redoublement de la 1ère. La terminale s’est très bien déroulée, un peu comme si, j’avais franchi une sorte de blocage.</p>
<p>J’ai obtenu facilement un BTS. Plus difficilement le diplôme d’ingénieur qui prolongeait le BTS. J’ai connu mes premières grosses dépressions que j’analyse avec recul aujourd’hui. À l’époque, je ne connaissais pas les symptômes et me débrouillais comme je pouvais. À la relecture de mon parcours enfant, je pense que j’ai eu d’autres épisodes sans que j’en aie conscience et que je sois traité médicalement.</p>
<p>Depuis petit, tant à l’école que dans mes activités de loisirs, j’avais des relations compliquées aux autres. L’insertion avec les adultes et en colonies de vacances comme avec les Africains, pas trop de problème. En revanche, à l’école, avec les autres élèves et les profs, j’avais plus de difficultés à donner ma confiance, à entretenir des liens durables.</p>
<p>À la même époque, mon frère et moi, sommes partis de chez nos parents ; lui pour ses études, moi pour trouver un travail.</p>
<p>C’est à 37 ans qu’au passage à la nouvelle année, j’ai eu comme un pétage de plomb incompréhensible. Résultat : le 1er janvier, je passais un test sérieux sur ma dépendance alimentaire, évaluée à moyenne. Il me fallait donc trouver une solution. J’ai ainsi choisi de m’orienter vers une psy spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire. C’est au cours de ce travail qu’elle a mis à jour que j’avais subis des abus petits. Sacrée nouvelle !!</p>
<p>Je savais du côté maternel ma grand-mère trop invasive. Je savais aussi que mon grand-père avait été incesteur à l’endroit de sa fille. C’était alors sa mère qui s’étaient interposée. Une fois, alors que j’entrais nu dans la douche ado, j’avais aperçu un regard étrange de mon grand-père qui m’observait.</p>
<p>J’avais en conséquence une amnésie traumatique et tous les symptômes d’un trouble post-traumatique. Finalement, j’avais une hérédité de culture incestuelle, préalable à l’inceste tant du côté paternel que maternel. Cette culture incestuelle est le terreau de l’inceste.</p>
<p>Les frontières sont troublées : entre les générations, entre les territoires des individus, à propos des besoins des uns et des autres… Cette possibilité de dépasser les limites du respect de l’autre, rend plus probable un dépassement sur le corps de l’autre : le tabou ultime de l’inceste est ainsi dépassé.</p>
<p>Mes parents étaient donc, eux aussi, de culture incestuelle, mon père sans inceste, ma mère avec. Cette culture incestuelle occupe toutes les activités de la vie et toutes les interactions sociales. Résultat : le réseau d’amis de mes parents est aussi de culture incestuelle. Qui se ressemble, s’attire.</p>
<p>Lors du travail thérapeutique, il est vite arrivé d’interroger le triangle relationnel entre mes grand-parents maternel, mes parents et moi. Nous avons identifié que j’étais échangé par mes parents à ma grand-mère maternelle pour recevoir en retour des marques d’amour de sa part. Cela s’appelle de l’inceste par délégation.</p>
<p>Petit, je me trouvais trahi par toutes celles et tous ceux qui auraient dû me protéger sur le plan affectif et matériel. Dans le même temps, j’avais des parents négligeant. Tous les signaux d’alerte que j’avais pu émettre : mon poids, mes problèmes de comportements, mes troubles très important du sommeil, une période de toc de propreté… n’ont jamais été vus par personne. La trahison des adultes est complète.</p>
<p>Par crainte de souvenirs reconstruits, j’ai voulu vérifier le diagnostic d’abus. J’ai récupéré mon dossier de suivi psy à l’âge de 4 ans. À la lecture du compte rendu, il était noté que ma mère était en retrait et fermée, faisant plus vieille que son âge. Il y est aussi indiqué que je signale à plusieurs reprises une femme avec un chignon, autour de laquelle je fais une fixation.</p>
<p>Tous mes dessins de l’époque ont aussi été interprétés par une pédospychiatre. La présence de formes sexuelles phalliques ou féminines sont trop présentes. L’ensemble confirmait donc des abus. Dernière vérification auprès de l’institut de victimologie de Paris, j’ai rencontré une psychiatre spécialisée qui a validé l’existence de troubles post-traumatiques consécutifs à des abus et a indiqué des pistes d’explorations de troubles psychiatriques secondaires : bipolarité ou troubles borderline. Et c’est ce que j’ai : un trouble borderline qui m’oblige à avoir un traitement médicamenteux de fond : 4 comprimés le matin, 7 comprimés le soir à la fois pour stabiliser mon humeur, estomper les symptômes de dépression et diminuer mon anxiété. Ce traitement de soutien sera à vie. Il pourra varier en dosage en fonction des évolutions de ma vie : plus légère ou plus sombre.</p>
<p>Ma relation à mes parents à dès lors été difficile. D’abord, une rupture de contact complète pendant 4 mois lors de la révélation initiale. Ensuite, une reprise de contact progressive et un récit de mes analyses partagé avec eux. La première fois, la réaction de mes parents a été immédiate. Mon père a indiqué : « Ça ne m’étonne pas. Quand tu étais petit et qu’elle te changeait, elle embrassait ton sexe régulièrement. Je l’avais remarqué, mais n’est rien fait. »</p>
<p>Ma mère n’a rien évoqué, mais indiqué que ça ne l’étonnait pas. À la suite de cela, mes parents se sont réfugiés dans un déni et le silence familial. Aujourd’hui encore, presque 10 ans plus tard, ma mère me demande encore si je veux qu’elle en parle à la famille. Ma mère m’a aussi dit que ce n’était pas une agression mineure qui mettait tout par terre et qu’il fallait se prendre en charge. Ma mère continue à s’occuper de sa mère, mon agresseur, qui est maintenant en EPAHD. Elle avait cru pendant un temps que l’auteur était son père et n’allais plus sur sa tombe.</p>
<p>Je suis en colère vis-à-vis d’eux, d’autant qu’ils sont dans le déni. Leur 2 tentatives d’excuses n’ont eu aucune crédibilité à mes yeux puisque leur déni était évident et blessant. Aujourd’hui, ma relation à eux est si difficile que je surréagis à chacune de leurs paroles, de leurs comportements… Ma carence de demande d’amour est flagrante. Quand je suis à leur contact, je pleure à cause d’eux avant de me coucher. Je suis obligé de vivre au contact de mes bourreaux qui se refusent de se reconnaître comme tels. Ce n’est pas sans douleurs.</p>
<p>Mon frère lui n’a pas subis d’abus, j’ai toujours été en distance avec, probablement pour le protéger de mes aveux et de mon mal-être. Aujourd’hui, nous entretenons des relations à distance chaleureuses, mais pas proches.</p>
<p>De mon côté, j’ai réussi une insertion professionnelle qui s’est terminée par un harcèlement moral. J’ai enchainé les CDD puis 16 ans dans une grande entreprise, période qui vient de s’interrompre par un nouveau harcèlement moral. Très récemment en septembre 2021, le diagnostic est tombé, j’ai un trouble du comportement borderline. C’est 2% de la population qui est concernée. C’est un trouble souvent consécutif à des agressions sexuelles.</p>
<p>Si certains sont à la rue et toxicos, je suis intégré socialement, mais fracassé. Mon faux self, ce que je montre, est très loin de ma personnalité réelle. Je suis en fait un mort vivant qui ne pense qu’à mourir pour arrêter les dégâts ; raison aussi pour laquelle je ne veux pas d’enfants. J’ai une carapace vide, à fleur de peau, traversée de charges émotionnelles importante et à l’anxiété généralisée.  Je suis socialement intégré, mais je ne peux pas partager ce que j’ai vécu ou très peu. C’est souvent trop difficile à entendre et à comprendre. Le cerveau de mes interlocuteurs rejette l’information ; ce qui est normal. Dans le même temps, je dois endurer les plaintes des uns et des autres sur des sujets de leur vie qui me paraissent assez anecdotiques, mais qui leur posent problème. Alors, il faut être patient, s’effacer… Au moins, la dissociation (se couper de ses émotions, mais rester dans le réel – c’est un moyen défensif du cerveau quand les évènements sont beaucoup trop traumatisant) est utile dans ces cas-là ! Je l’utilise volontiers comme le sourire (j’ai appris à faire semblant depuis longtemps). Il faut bien quelques menus avantages ! (sourire)</p>
<p>J’ai à plusieurs reprises mis ma vie en danger. Ces troubles du comportement expliquent aussi mes relations parfois difficiles avec les autres et notamment que j’ai été victime de harcèlement moral au travail. Mon estime de moi oscille entre être une sous merde et parfois, de façon furtive, un sentiment de toute puissance. Quand on est écorché vif, tout peut toucher. D’ailleurs, j’ai une horreur absolue qu’on me touche. Si je ne peux pas voir la main qui va se poser sur moi, je sursaute systématiquement, y compris avec mes conjoints. J’ai une extrême pudeur aussi. Tout cela a forcément des répercussions sur ma vie sentimentale et sexuelle.</p>
<p>Aujourd’hui, je n’ai pas d’avenir. Je vais me battre pour gagner le conflit qui m’oppose à mon ancien employeur. Ensuite, je n’ai pas de visibilité sur ce que je vais faire. Il n’est pas possible d’attaquer ma grand-mère pour faire reconnaître les abus : elle est démente et ne reconnaîtra jamais ce qu’elle m’a fait. Mon scénario de suicide est arrêté et abouti. Je veux disparaître sans gêner. Mes affaires seront sous carton pour aller à la benne. Le mobilier pourra être repris par des amis. Mon plan de prévoyance reviendra à mes neveux. Je prévois d’avoir la somme nécessaire pour mon incinération si on retrouve mon corps. Ma voiture sera à disposition des passants proches des falaises dans lesquelles je me serai jeté après avoir tranché ma carotide. Ce sera ma libération. <strong>»</strong></p>
<p>Les associations et organismes à contacter pour témoigner d’un inceste sont nombreux, on vous les redonne ici : <a href="https://facealinceste.fr/">Association Internationale des Victimes de l’inceste</a>, <a href="https://www.sos-inceste-violences-sexuelles.fr/"><strong>SOS Inceste</strong></a> : 02 22 06 89 03, <a href="https://www.memoiretraumatique.org/">Mémoire traumatique et victimologie</a>, <a href="https://incestearevi.org/about/">Association d’action/recherche et échange entre les victimes d’inceste</a>, <a href="https://lemondeatraversunregard.org/">Le Monde à travers un regard</a></p>
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		<title>DOUBLE PEINE ! ITINÉRAIRE D’UNE FEMME DÉTRUITE PAR CEUX QUI DEVAIENT LA SAUVER !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 10:00:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le monde, une femme sur trois, selon UNIFEM, a été violée, battue, forcée à l’acte sexuel ou abusée au moins une fois dans sa vie. 200 millions de femmes et d’adolescentes sont quant à elles victimes d’endométriose. Imaginez une seule seconde une femme dont l’endométriose aurait causée le viol d’un médecin. Vous ne le croirez pas, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Dans le monde, une femme sur trois, selon UNIFEM, a été violée, battue, forcée à l’acte sexuel ou abusée au moins une fois dans sa vie. 200 millions de femmes et d’adolescentes sont quant à elles victimes d’endométriose. Imaginez une seule seconde une femme dont <a href="https://isnews.fr/endometriose-et-si-on-sen-parlait/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’endométriose</a> aurait causée le viol d’un médecin. Vous ne le croirez pas, mais c’est pourtant la triste histoire de Kayliah Mélissa, qu’elle a accepté de vous raconter a coeur ouvert.</strong></em></p>
<p>« Je m’appelle Kayliah Mélissa, j’ai 28 ans. J’ai grandi à Lyon, dans une fraterie de 5 enfants. J’ai toujours été très studieuse à l’école et pour cause, j’ai connu les fins de mois difficiles, les mois où mes parents s’acharnaient au travail pour que leurs cinq enfants ne manquent de rien. Avec de tels parents comme exemple, je savais donc où je voulais aller, mon entourage était très limité. Je me suis consacrée à ma vie professionnelle, j’ai travaillé dur pour financer mes études, mes projets. Je me suis accrochée pendant des années à ma religion, ma famille, mes objectifs. C’est cette force de caractère qui m’a permise d’intégrer une école de commerce à Paris et d’ensuite emménager à Madrid.</p>
<p>Je connais la valeur de l’argent, la valeur de la famille, la valeur du travail, celle de l’acharnement, mais également celle de la vie et celle de la santé. Et pour cause, je suis une femme sur dix. Une sur dix à avoir subi de la violence conjugale. Je suis aussi 12%. 12% de celles qui ont été violées, et encore une fois une sur dix, une sur dix à être atteinte d’endométriose.</p>
<p>Je fais partie de ces femmes qui ont le même combat, mais pas la même victoire. Depuis deux ans, je vis avec un corps qui n’est presque plus le mien, en effet, l’endométriose m’a détruite. Et encore, si ça n’était que cela… peut-être que ça irait… mais non, je vous raconte.</p>
<p>À mes 14 ans, j’avais des règles très douloureuses. Les médecins m’ont conseillé de prendre des médicaments car c’est « normal de ressentir des douleurs. ».</p>
<p>À mes 21 ans, on m’a parlé d’endométriose. Au début, j’étais heureuse car j’avais un nom à mes douleurs, enfin. Je me suis renseignée auprès des médecins et de mon ami Google. On me parle d’infertilité, j’avais seulement 21 ans, mais je n’avais pas à m’inquiéter, car je ne suis qu’à un petit stade. J’ai donc continué ma vie avec douleurs et médicaments pendant des années, j’ai continué d’accepter d’être inapte quatre jours dans le mois, puis dix, puis vingt, j’ai commencé à annuler mes sorties sans donner de raisons, à enchainer les arrêts maladies.</p>
<p>Plus tard, à mes 26 ans, on m’a parlé de remplacer mes médicaments par une opération. C’était une excellente nouvelle… enfin, c’est ce que je croyais. La date d’opération était prévue pour deux semaines plus tard, mais un matin alors que je me rendais au travail, je m’écroulai sur un sol froid. Je suis passée d’un sol froid à une table d’opération, de la table d’opération a un lit d’hôpital.</p>
<p>Les médecins m’annoncent que j’ai fais une hémorragie, qu’ils ont dû retirer une trompe et un ovaire. J’ai étouffé un cri ce jour-là, sans savoir que c’était que le début de la partie. On m’avait retiré des chances d’avoir un enfant, je comprenais que la maladie n’était pas une simple maladie. Je comprenais que finalement, les solutions n’étaient pas des solutions. Je comprenais que je serais une incomprise. Je comprenais que j’étais détruite.</p>
<p>J’ai commencé à en parler à mon entourage, cet entourage qui ne comprenait pas comment je pouvais être malade, car cela ne se voyait pas derrière mon sourire, derrière mes années d’acharnement pour ma réussite professionnelle. Je devais combattre ma peur d’être abandonnée, et ce avant même d’avoir commencé une relation. Il est difficile de s’imaginer être malade et accompagnée. J’ai remplacé mon tiroir à maquillage par mes médicaments, mes habits habituels par des habits plus larges pour toutes les fois où mon ventre gonfle de douleurs.</p>
<p>J’ai accepté de rester alitée pendant un an. Mon corps s’est détérioré. Les douleurs n’étaient plus localisées. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis levée changer mes draps, où je suis restée plié aux toilettes. J’étais pleine de vie, active, positive. Je me suis retrouvée à pleurer, changer d’humeur suivant mes douleurs. J’ai eu ma première opération il y a un an et demi, aujourd’hui j’en suis à ma dixième en un an, j’ai vécu des mois entre des bruits de machines, des allers retours au bloc.</p>
<p>J’ai perdu le goût, la marche, mon cœur et ma respiration se sont même arrêtés. Je détestais mon corps, je voulais en sortir, ne plus le voir. J’ai vécu entre coincée entre quatre murs sans voir personne à part des médecins. J’ai pleuré sur ce lit blanc d’hôpital, j’ai crié quand je devais abandonner des parties de ma vie. J’ai passé des heures à regarder un plafond en étant vide de sens. J’ai passé des heures au téléphone avec la personne que j’aimais, à refaire le monde, à espérer des jours meilleurs. C’était mon seul espoir à ce moment. C’était la personne qui allait être là, à m’attendre à ma sortie d’hôpital. C’est ce que je croyais, ce que je voulais…C’était ce que j’espérais. Je me rattachais à une chose positive pour me maintenir. Sans savoir que j’allais perdre mon emploi après tant d’années à m’être acharné dans mes études et au travail. Sans savoir que j’allais perdre ma maison.</p>
<p>L’absence de connaissance a engendré d’autres conséquences dont mon rein, mon intestin, ma vessie. Ce n’est pas féminin de devoir se balader avec une sonde, de devoir rester aux toilettes en plein restaurant.</p>
<p>Je fais partie des personnes qui peuvent tomber à tout moment, car mon corps m’abandonne. Je vis avec des symptômes irréversibles : fatigue, douleurs, troubles digestifs, un ballonnement du ventre, blessure de fertilité, déséquilibre hormonal, kystes. Des douleurs folles, paralysantes auxquelles aucun antidouleur ne peut faire face. La maladie est transparente, elle ne se voit pas, mais la douleur mentale est présente. Personne ne me comprend. Tout le monde trouve ça normal et exagéré. Et moi ? Moi, je deviens folle, je veux qu’on me comprenne, qu’on m’aide, mais je ne veux pas être dépendante.</p>
<p>La pression psychologique est l’une des pires douleurs. Ces médecins qui parlent de toutes les méthodes pour avoir un enfant. Ces médecins qui te rappellent ton âge pour te rappeler qu’avec ton corps, tes chances deviennent minimes pour un jour être mère. Ces médecins sur ton corps, l’obligation de se dénuder devant chaque corps étranger pour chacune de tes auscultations. Je me suis donc isolée. Vivre dans une société où toutes les maladies chroniques sont négligées et mal comprises est difficile. Il y a des jours où je ne voulais plus vivre, il y a des jours où je ne voulais plus de mon corps. J’ai perdu confiance en moi, mais si seulement c’était ça le pire ? Si seulement ça s’arrêtait là ?</p>
<p>Un jour alors que j’avais rendez-vous en urgence chez un nouveau médecin. Je subis encore les remarques sur le fait que j’ai décidé de rester vierge jusqu’à me marier. Le médecin me fait culpabiliser pendant des minutes qui me paraissent des heures. Il met la responsabilité sur ma faute, c’est ma faute si aujourd’hui, il ne peut pas faire des examens plus approfondis. Vulnérable et allongée sur le matelas de consultation, jambe dénudée, poitrine dénudée devant le médecin. J’ai le droit d’autres remarques concernant la forme de ma poitrine, me demandant si une chirurgie est passée par là. J’étais à ses yeux la jeune femme qui se préserve, mais sans doute un peu trop au vu de mon corps.</p>
<p>Jusqu’au moment de l’auscultation où je ressens une forte douleur en plus des douleurs de maladie. Je ressens une première et une deuxième larme sur ma joue. Je demande à quitter la pièce. Il s’était passé quelque chose, mais je n’arrivais pas à comprendre quoi, comment et pourquoi ?</p>
<p>À l’heure actuelle tout est encore flou, parfois des détails me viennent, d’autres disparaissent. Je suis rentrée chez moi, je ressentais quelque chose d’anormal et en particulier des saignements. Je ne comprenais pas encore une fois pourquoi. J’ai été consulté un autre médecin, cette fois une femme. Je craignais de devoir me dénuder à nouveau. Jusqu’au moment où cette femme m’annonce que j’ai subi une agression sexuelle, un hymen déchiré.</p>
<p>Je croyais avoir passé le pire dans ma maladie, mais aujourd’hui je ne sais pas si le pire est de devoir confronté ma maladie ou les médecins ? Ma peur, va au-delà de mes limites, de mon énergie. Comment faire confiance ? Comment vouloir se soigner ? Comment avoir espoir en la médecine ? Ces médecins qui me disaient que mes douleurs étaient dans ma tête, comment faire confiance à un médecin alors qu’aujourd’hui je me retrouve à être agressée et détruite, encore plus que je ne l’étais déjà.</p>
<p>Je suis toujours dans le déni de mon viol. Au départ, j’ai étouffé un cri en réalisant qu’un homme, un médecin avait abusé de ma vulnérabilité. Je ne réalisais pas vraiment. J’ai pris mes réseaux sociaux, habituée à écrire machinalement ce que la maladie me fait subir. J’avais lié ce viol à ma maladie. Je ne réalisais pas à quel point c’était grave et même après les réactions, des personnes. J’ai été porté plainte et je ne savais plus quoi dire. J’avais subi quoi ? Un viol ? Moi ? Une agression, c’est moins violent. Un dérapage ? Le viol, ce n’est pas possible.</p>
<p>Mon cerveau vrillait, comme si moi, j’étais exceptionnelle et je ne pouvais pas subir l’inimaginable. Il y a quelques semaines, je regardais une émission sur le viol et aujourd’hui je me retrouvais là, à porter plainte pour un viol. Au moment de porter plainte, on m’a conseillé de ne pas mettre des avis négatifs sur les réseaux sociaux, de ne pas mentionner de nom, car ma parole serait la mienne contre la sienne. Ma parole pourrait engendrer des conséquences.</p>
<p>Si j’ai eu une facilité à le dire sur mes réseaux sociaux, j’ai eu du mal à le dire à ma famille. J’étais honteuse. Comme si je me dénudais devant ma famille. J’ai préféré le dire à ma grande sœur. C’est elle qui remplissait mes papiers, c’est elle qui me conseillait, c’était elle ma canne qui m’aidait à me maintenir. Ma mère était ma canne contre ma maladie, ma sœur ma canne contre mon agression.</p>
<p>Je ne réalise toujours pas que je me suis faite agressée, violée, souillée. Au-delà du viol, cette personne m’a enlevé l’espoir de croire en la médecine, l’espoir de guérir de ma maladie. Elle m’a enlevé, une chose que je préservais depuis toujours, mon hymen. Les remarques ont été dures quand on me disait de ne pas m’inquiéter, car j’étais toujours vierge. Oui certes, c’est une partie de moi.</p>
<p>Depuis, j’ai la peur de l’homme, au moindre toucher, je peux trembler comme une petite feuille. Je me réveille avec des sueurs la nuit, des cauchemars le soir. Je peux pleurer à tout moment en pensant que je reste faible. Je peux me relever à tout moment en pensant que je suis forte. Mon cerveau ne saisit pas toutes les choses encore. J’ai des trous de mémoires de ce jour-là et parfois des flashbacks. Je me réveille un jour sur deux en pensant que je vais abandonner ma plainte, que cela ne sert à rien. J’ai envie d’oublier. Je me réveille un jour sur deux en voulant me battre. J’abandonnerais peut-être ma plainte. Mais si c’est le cas, je me battrais autrement contre toutes ces violences dans ce monde.</p>
<p>Certaines personnes pensent que je suis passée à autre chose, mais c’est encore au plus profond de moi. Ce n’est pas un combat contre mon agresseur et moi, mais seulement moi contre moi. Je dois accepter de vivre avec cette douleur, de vivre avec cette image quand je ferme les yeux.</p>
<p>Mais je me suis promise de faire de ma maladie une force. Cette maladie dont on ne meurt pas, mais qui détruit à petit feu. Je ne demande plus de traitements, ou de l’attention, mais de la compréhension. La compréhension d’une maladie dont personne ne comprend grand-chose.</p>
<p>En attendant cela, je suis aujourd’hui gestionnaire d’évènements sportifs au club de football du Real Madrid. J’ai créé mon agence de conciergerie de luxe cette année. Certaines personnes me considèrent comme une « business woman » car je passe mon temps à voyager, travailler, élaborer des projets. Paradoxalement, je ne me consace jamais à mes relations amoureuses, mais j’ai toujours espoir de fonder un foyer, d’avoir un homme à mes côtés pour découvrir le monde. Si un jour j’ai cette chance j’aimerais lui dire qu’il est le soldat à mes côtés. Et si un beau jour j’ai la chance d’avoir un enfant, j’aimerais lui dire qu’il est la victoire de mon combat. «</p>
<p>Interview réalisée par Aboubacar KONTE</p>
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		<title>ENDOMÉTRIOSE : ET SI ON S’EN PARLAIT ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 May 2025 10:00:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’endométriose touche en France 10% des femmes en âge de procréer, soit 1,5 à 2,5 millions de femmes, maladie fréquente elle est pourtant méconnue du grand public et pas assez mise en avant par les médias, qu’est-ce que c’est ? Quels en sont les symptômes ? Comment vit-on avec de l’endométriose ? Cinq femmes de 16 à 45 ans réparties sur [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>L’endométriose touche en France 10% des femmes en âge de procréer, soit 1,5 à 2,5 millions de femmes, maladie fréquente elle est pourtant méconnue du grand public et pas assez mise en avant par les médias, qu’est-ce que c’est ? Quels en sont les symptômes ? Comment vit-on avec de l’endométriose ? Cinq femmes de 16 à 45 ans réparties sur l’hexagone ont accepté de nous parler de leurs quotidiens dans une interview croisée.</em></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que l’endométriose ?</strong></h1>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="wp-block-quote is-style-default is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Quand j’explique à quelqu’un ma maladie, je lui dis que c’est une maladie chronique et gynécologique. Qu’une femme perd tous les mois du sang sauf que moi ce sang ne va pas s’évacuer correctement, il va s’accrocher aux ovaires et former un kyste, sur les intestins, la vessie l’utérus, etc. Et qu’en période de menstruation, ce sang accroché un peu partout « <strong>s’active</strong> » et provoque des douleurs, car il ne part pas. Que la maladie peut disparaître comme elle peut s’intensifier. Qu’il n’y a pas de solution ou de traitement et que c’est un peu la loterie ! »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« L’endométriose est une maladie chronique qui se caractérise par le développement de tissus semblables à la muqueuse utérine (endomètre) en dehors de la cavité utérine qui subira lors des cycles l’influence de l’ensemble des variations hormonales. Ces tissus vont s’implanter puis proliférer sur les organes voisins. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« L’endométriose est une maladie qui touche les ovaires. Il y a plusieurs stades de la maladie, elle s’étend de plus en plus autour des ovaires au fil des années et peut être un vrai enfer pour les femmes touchées. L’endométriose, c’est des tissus semblables à des dépôts de sang qui se propagent dans l’utérus, les ovaires, mais aussi les organes tels que les intestins, la vessie ou encore le rectum… Et dès lors qu’on a nos règles ça nous déclenche des douleurs indescriptibles, mais on en a aussi en dehors, par exemple lors de la période d’ovulation, si on mange des aliments dits inflammatoires ou bien même lors de périodes de stress ! Tout est facteur pour déclencher une crise. Le plus difficile, c’est la fatigue chronique et la déprime qui s’accompagne. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« L’endométriose est une maladie qui touche les ovaires. Il y a plusieurs stades de la maladie, elle s’étend de plus en plus autour des ovaires au fil des années et peut être un vrai enfer pour les femmes touchées. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« L’endométriose est une maladie gynécologique inflammatoire chronique qui me pourrit la vie depuis maintenant plus de 6 ans, entre autres. »</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>Quels sont les symptômes de l’endométriose ?</strong></h1>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Pour ma part, les premiers symptômes ont été les règles longues, abondantes (<strong><em>j’ai déjà eu 40 jours de règles.</em></strong>) Et très douloureuses, avec l’impossibilité de tenir debout, j’ai également des répercussions sur ma vie sexuelle avec des douleurs à chaque rapport peu importe la position ou l’intensité, j’en venais même à appréhender la relation. Les ballonnements sont aussi l’un des symptômes que j’ai surtout en période de crise avec un ventre rempli d’air à croire que je suis enceinte et des douleurs presque aussi insupportables que celle des ovaires/ utérus. J’ai aussi de la diarrhée avec presque l’impossibilité de me retenir, j’ai même déjà eu une période avec la partie gauche de mon corps comme paralysée/endormie. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le principal symptôme c’est la douleur, pour ma part ça a commencé dès mes premières règles que j’ai très mal vécu j’étais pliée en deux avec un flux EXTRÊMEMENT abondant (qui traversait plusieurs serviettes hygiéniques et vêtements) j’avais encore beaucoup de mal à gérer, j’étais très faible et vomissait et on ne m’a pas pris au sérieux, « c’est le début c’est normal d’avoir mal le temps de se régler », les douleurs peuvent être pelvienne (dans le bas du ventre comme pour les crampes de règles) mais elles irradient aussi dans les jambes, paralysent le dos, provoquent des sciatiques, empêchent de dormir des jours, de se déplacer sans douleur et j’en passe … »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Pour ma part, les symptômes sont les suivants : Douleurs pelviennes, Douleurs lombaires, Règles très douloureuses et très abondantes, très longues (10 jours), Dyspareunie (Douleurs pendant les rapports sexuels), Fatigue chronique, Kystes ovariens à répétitions, Douleurs 20 jours par mois (règles, ovulation, SPM) »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Personnellement moi, c’est tout le temps, mais beaucoup plus accentué pendant les règles, c’est des maux de ventre énorme au point de faire des minis malaises, de plus pouvoir marcher, de passer des heures recroqueviller sans pouvoir me lever… Je rate des jours voire des semaines de cours, car mes règles durent entre 7 et 21 jours. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Moi j’ai su que j’avais un problème car j’avais TOUT le temps une douleur un peu gênante au bas-ventre, mais également des douleurs à tomber dans les pommes pendant les règles, des hémorragies, des douleurs dans les jambes, des fausses diarrhées etc. … Beaucoup de troubles intestinaux en somme. »</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>Quel est le quotidien des personnes qui souffrent d’endométriose ?</strong></h1>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Parlons de mon quotidien, au collège ça n’avait pas beaucoup d’incidence sur ma scolarité ni sur mes résultats, enfin tout est relatif, plusieurs jours par mois mon père venait me chercher à l’infirmerie, j’étais une habituée. Avec les années, les douleurs ont augmenté crescendo cycle après cycle, j’atteignais un nouveau stade de douleur, mais j’apprenais à gérer ça étant donné que les médecins que je voyais s’estimant « trop jeune pour avoir de l’endométriose » jusqu’à la terminale où les douleurs me paralysent littéralement jusqu’à me retrouver à ne plus pouvoir marcher pour rentrer. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je rate des jours voire des semaines de cours, car mes règles durent entre 7 et 21 jours, et quand la « crise » arrive dans la rue ou en cours, c’est très difficilement contrôlable, tout cela a seulement 14 ans. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Les premières années, ce qui est difficile à gérer dans le quotidien c’est le côté physique parce que l’on a aucun contrôle sur les crises et leurs intensités donc il faut s’organiser pour tout, être sûr que l’endroit où on va à des toilettes à proximité, ne pas partir en vacances à tel moment etc. … Mais aujourd’hui, c’est le mental qui est le plus compliqué parce que l’on sait qu’il n’y a pas de solution, que chaque mois de chaque année pour le restant de ta vie de femme, tu vas souffrir et tu vas t’empêcher de faire des choses et ça aura forcément une répercussion sur tes proches. J’ai eu une période dépressive qui a eu des répercussions sur mon couple et c’est très compliqué à gérer. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« La douleur est handicapante dans la vie de tous les jours, qui plus est pour moi qui est coach sportive, difficultés à se déplacer correctement, trouble de l’attention, perte d’appétit, ou au contraire, grosses fringales, ce n’est jamais évident à gérer. Sans parler de la fatigue chronique qui est très invalidante et est plus difficile à comprendre pour les autres, qui la prennent parfois même pour de la paresse. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Au niveau des études, c’est très compliqué, car les professeurs sont peu conciliants. Ils ont du mal à comprendre que c’est impossible de se lever parfois ou de rester assis plus de 2h. Au travail, c’est délicat de se mettre en arrêt dès qu’on se sent mal. C’est pourtant déjà arrivé surtout l’été à cause des fortes chaleurs qui accentuent l’inflammation. La famille a tendance à penser que parfois, on exagère, ou qu’au contraire qu’on est handicapée. Il n’y a pas de juste-milieu au niveau du jugement des proches. Soit ils comprennent, soit ils ne comprennent pas ou font semblant, mais dès que la crise apparaît, c’est du cinéma pour eux. La fatigue chronique est un mythe pour eux, c’est juste de la flemme. »</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>Quelles sont les conséquences de l’endométriose à long terme ?</strong></h1>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je pense qu’à long terme, physiquement le bas de mon ventre finira brûlé avec toutes ses bouillottes, que les pilules ou anti-inflammatoires finiront par détruire mon système immunitaire et il ne répondra plus correctement et que mentalement, si je ne reste pas entouré et soutenu par mes proches, une dépression, car la maladie isole énormément. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Les conséquences à long terme, en plus de la fatigue chronique, de l’isolement social et du changement physique ? il y a surtout l’extrême difficulté de mener une vie professionnelle ou étudiante normale. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Bien évidemment, l’infertilité ou la difficulté à avoir des enfants, les opérations à répétitions (cicatrise, douleurs) et la douleur ne disparaissent jamais vraiment, il y a toujours une « base » de douleurs qui évolue tout au long de la journée, chaque semaine, chaque mois ! »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« À long terme, il faut envisager une opération afin d’arrêter la propagation du tissu, car même la pilule en continu ne stoppe pas tout. D’ailleurs, concevoir un enfant peut être impossible pour certaines, tout dépend de l’emplacement de ces tissus. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« À long terme, l’endométriose m’empêchera de faire des activités basiques comme le sport, aller au travail ou tout simplement effectuer des tâches ménagères. Elle peut également rendre stérile et donc m’empêcher d’avoir des enfants, même si d’autres options comme l’adoption existent… »</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading">Comment vivre avec l’endométriose ?</h1>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je pense qu’il faut faire attention à son corps et à sa santé, adopter une alimentation anti-inflammatoire, réduire sa consommation de viande, de sucres, bien dormir, pratiquer dans la mesure du possible une activité physique même si c’est dur, il faut donner un coup de pouce à son corps, arrêter de le maltraiter, le corps travaille beaucoup lorsqu’on est atteinte d’endométriose (ou d’une autre maladie) alors il faut lui faciliter la tâche pour vivre au mieux. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Pour vivre avec l’endométriose, il faut accepter la maladie et pardonner son corps qui nous lâche. Personnellement, je ne parviens pas encore à faire ce travail, car quand je fais une crise, j’ai une vision très fataliste de la vie. Mais je consulte depuis peu un <a href="https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sante-du-quotidien/2600706-hypnose-techniques-bienfaits-comment-ca-marche/">Hypnothérapeute</a> qui m’aide avec la gestion des douleurs, du stress et des angoisses que cela apporte et je dois dire que ça m’apaise. Pour pouvoir vivre avec, il faut se faire aider. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« On ne vit pas vraiment avec l’endométriose, on la subit, on survit comme on peut ! Il n’existe aucun traitement pour l’endométriose. Il y a juste des médicaments ou des solutions qui permettent de « soulager » temporairement la douleur. Donc j’alterne personnellement avec des anti-inflammatoires (type Antadys), de l’électrostimulation (appareil Livia) ou encore des traitements naturels comme l’huile de CBD. Sans compter la contraception, le plus souvent, on est mise sous contraceptions hormonales (pilule, DIU hormonal…) pour couper les règles, sans tenir compte des effets secondaires et de l’impact sur la santé que cela induit ! »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je suis obligée de prendre une contraception qui arrête mon cycle menstruel, mais les douleurs persistent. On peut prendre des traitements, se faire poser un implant… Les douleurs persistent toujours, il n’y a pas de solution miracle. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Le seul moyen de vivre convenablement avec l’endométriose est de prendre une pilule en continu pour éviter les règles et donc une propagation. Cependant, ça crée souvent des états dépressifs à cause des hormones, des variations de poids… Et il faut toujours prévoir d’avoir des antidouleurs très très puissants sur soi, car les crises ne préviennent pas. »</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<h1 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>Victime d’endométriose, vous sentez-vous écoutée ? Qu’est-ce qui doit changer ?</strong></h1>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Nous ne sommes pas écoutés. Il m’a fallu environ 7 ans pour qu’on pose le diagnostic. J’ai eu des remarques déplacées comme « c’est dans ta tête », « c’est normal d’avoir mal » ou encore « faites un enfant et vous n’aurez plus de douleurs », « c’est le stress » mais plus récemment des phrases du type « ce n’est pas grave l’endométriose, on n’en meurt pas ». Je trouve qu’il n’y a pas assez de respect vis-à-vis de notre détresse et de notre souffrance. Nous avons besoin de plus de respect et de plus d’attention quand on énonce nos symptômes au lieu de nous donner une pilule au hasard pour cacher le problème. Il faudrait plus de médecins formés pour lire les IRM et faire correctement les échographies. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Je suis consciente que personne ne vivra jamais ma douleur et ne pourra la comprendre vraiment, d’autant plus que c’est une maladie qui ne touche que les femmes, selon moi, c’est le principal problème et la raison pour laquelle les diagnostiques sont si longs (7 ans en moyenne), il faut que le gouvernement considère VRAIMENT le problème et mette en place des dispositifs qui prennent en compte la douleur des patientes. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« Ma famille ne m’a pas du tout cru au début quand j’ai commencé à avoir très mal pendant mes règles, on m’a même dit que c’était normal… Mais le corps n’a jamais mal pour rien, c’est qu’il y a un problème quelque part… Il a fallu 3 médecins et 2 gynécologues pour comprendre que ce n’était pas « <strong>normal</strong> » et enfin mettre un mot sur mes douleurs et prescrire un traitement, en l’occurrence une pilule contraceptive. »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« J’ai énormément de chance d’avoir une famille et un mari très compatissant et compréhensif, ils prennent vraiment soin de moi et sont à mon écoute, sinon, c’est très difficile de vivre avec l’endométriose parce que c’est une maladie qui ne se voit pas, donc beaucoup ne comprennent pas !</p>
<p>Combien de fois on m’a répété que c’était « <strong><em>normal</em></strong> » d’avoir mal pendant ses règles ! Vraiment ? Être allongée par terre, faire des malaises, vomir, etc. C’est normal ? NON ! Avoir mal pendant ses règles ce n’est PAS NORMAL ! Il faut savoir que le diagnostic de l’endométriose n’arrive qu’au bout de 7 ans ! Pour ma part, le diagnostic en a mis 8 ! 8 ans d’errance médicale, à me croire anormalement constituée !</p>
<p>Des médecins, des sages-femmes qui tenaient ce même discours du « <strong><em>c’est normal d’avoir mal</em></strong> », « <strong><em>vous êtes douillette</em></strong> », «<strong><em> je suis sûr que ce n’est pas l’endométriose</em></strong> », « <strong><em>l’endométriose est à la mode ! </em></strong>» Jusqu’à ce que je trouve LE médecin qui me comprenne et qui trouve, en une simple échographies endovaginale, que je suis remplie d’endométriose dans tout mon ventre, avec un kyste de 10 cm à l’ovaire gauche !</p>
<p>J’ai donc subi une opération par cœlioscopie début novembre de cette année et je suis sous une ménopause artificielle depuis (Avec tous les effets secondaires que cela comporte : prise de poids, bouffée de chaleur à répétitions, saute d’humeur, saignements, … Il y a 10% des femmes qui sont atteintes d’endométriose… Et je fais partie des 30% qui en ont le plus… »</p></blockquote>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« On n’est clairement pas écoutées. Par exemple, pour le vaccin contre le Covid, ça m’a déclenché des saignements et de grosses douleurs, j’ai fini aux urgences à chaque dose, mais c’est minimisé. Les médecins nous écoutent, mais le plus souvent qu’à moitié. Les pilules étaient en grande partie pas remboursées ou les soins ne sont pas forcément pris en charge. Un soutien psychologique me semble quand même important, car on vit dans l’interrogation, dans l’angoisse de ne pas avoir d’enfant ou encore de finir avec une stomie par exemple. Il serait aussi temps de faire de la prévention dès l’adolescence, car mon cas aurait été moins « grave » si on m’avait écouté lorsque j’avais entre 15 et 18 ans. »</p></blockquote>
<p class="has-pale-pink-color has-text-color"><strong>Pour en savoir plus sur l’endométriose, consultez le site <a href="https://www.endofrance.org/">EndoFrance</a>, première association de lutte contre l’endométriose créée en France en 2001. EndoFrance multiplie les actions de soutien et d’information pour les femmes atteintes d’endométriose. De nombreuses actions sont mises en place : événements locaux, conférences médicales, entre autres.</strong></p>
<p>Interview réalisée par Aboubacar KONTE</p>
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		<title>ENFANT BATTUE, ELLE VOUS RACONTE SON CALVAIRE !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 May 2025 10:00:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans l’Hexagone, plus de 50 000 enfants et adolescents par an sont victimes de maltraitance. En 2018, une étude a démontré qu’en France, un enfant meurt tous les cinq jours, tués par sa propre famille, même constat en Belgique ou en 2018, en Flandre, 8.669 enfants ont été signalés à un « centre de confiance », [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Dans l’Hexagone, plus de 50 000 enfants et adolescents par an sont victimes de maltraitance. En 2018, une étude a démontré qu’en France, un enfant meurt tous les cinq jours, tués par sa propre famille, même constat en Belgique ou en 2018, en Flandre, 8.669 enfants ont été signalés à un « centre de confiance », 14,2 % de ces enfants avaient moins de 3 ans, 15,6 % des filles subissent des violences physiques de la part d’adultes avant l’âge de 15 ans (Report Card UNICEF 14). Victime de violence de ses 7 à 17 ans, de la part de celui qu’elle appelle son géniteur (son père), Marjorie citoyenne belge, âgée aujourd’hui de 37 ans a décidé de nous raconter son histoire, celle d’une petite fille à l’enfance désenchantée, marqué par les traumatismes physiques et moraux.</strong></em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Je suis née en 1984. Très volontaire, j’ai parlé très tôt et ma maman disait que j’étais son rayon de soleil. Aujourd’hui, je comprends pourquoi. J’ai grandi avec ma maman et mon géniteur jusqu’à mes 4 ans et demi. Son arrivée n’a rien changé dans ma vie puisqu’aux yeux de mon géniteur, elle n’existait tout simplement pas. Il ne s’en occupait pas, ne voulait pas d’elle.</p>
<p>La première fois que mon géniteur s’en est pris à moi, j’avais 4 ans. J’avais été « méchante » à la maternelle et il m’avait enfermé tout un mercredi après-midi dans la cave sans lumière. Je ne pouvais même pas m’approcher de la porte d’où un peu de lumière me parvenait par-dessous, j’étais obligée d’aller dans la « grande cave » où il faisait froid et noir. C’est lorsque ma maman est rentrée après son travail qu’elle s’est inquiétée de savoir où j’étais et qu’elle m’a délivré. Je ne me rappelle pas quelle bêtise j’avais fait.</p>
<p>Cela s’est régulièrement enchaîné, que ce soit physique ou psychologique. J’étais tout le temps « pas assez belle, pas assez intelligente, bonne à rien, nulle, idiote, … » sans compter les fois où je me prenais une baffe, car mon crayon n’était pas assez bien taillé.</p>
<p>L’un de mes pires souvenirs, c’est un jour où je faisais des mathématiques. Je devais faire 7 + 4 et donner la réponse 11. Seulement, je n’y arrivais pas. C’est alors qu’il s’est levé, a pris l’essuie de cuisine, me la serrer autour du cou, m’a soulevé à 1m80 du sol et m’a tapé la tête dans le mur en me répétant que cela faisait 11 et qu’il fallait que ça rentre.</p>
<p>Le deuxième pire souvenir se déroule plus tard. En effet, j’ai passé une sixième primaire compliquée, car, suite à un viol (pas de mon géniteur, je rassure), je n’ai plus travaillé à l’école. Le jour où mon géniteur s’en est rendu compte (fin juin), il s’est mis dans une colère noire. Il s’est mis à me taper dessus au point que ma sœur est intervenue et m’a sauvé la vie.</p>
<p>Je ne saurais pas vous conter toutes les fois où j’ai subi de la maltraitance physique ou psychologique, car il y en avait trop. Je me souviens tout de même d’une fois, à Noël, où ma maman, ayant un petit peu bu, s’est fait étrangler dans la cuisine par mon géniteur devant la dinde dans le four. J’avais 7 ans.</p>
<p>Un autre soir de Noël alors que je venais de blesser accidentellement à ma sœur, pour se « venger » ou passer sa colère, je ne sais pas, il m’a pris par la nuque et m’a tapé dans le mur jusqu’à ce que j’aie la même tête qu’elle. Il m’a également cassé une guitare dans son étui en me tapant avec et des années plus tard, a osé me demander comment j’avais cassé la guitare…</p>
<p>Ma sœur, elle était pour la plupart du temps victime de maltraitances psychologiques dans le sens où elle n’existait pas aux yeux de mon géniteur, ce qui est très violent. Il venait la chercher à l’école parce que j’y étais et quand j’ai changé d’école, il a arrêté d’aller la chercher. Il ne lui préparait pas à manger et ne corrigeait pas ses devoirs.</p>
<p>En primaire, mon géniteur était le roi de l’école. Il était président du comité des parents et s’entendait à merveille avec tous les professeurs. Il rentrait dans l’école comme on rentrait dans un moulin. Pour ma part, j’étais souvent punie (je parlais un peu de trop.) et les professeurs s’étonnaient souvent de ne plus me trouver. Je me cachais tout simplement dans les vestes de peur que mon géniteur n’arrive. Cela a commencé à discuter entre professeurs, mais mon géniteur était tellement charismatique et manipulateur que personne n’a jamais osé rien faire. Ce n’est qu’en secondaire qu’un professeur est intervenu pour faire en sorte d’alléger le climat familial. J’avais 16 ans, elle a fait comprendre à mon géniteur que j’étais grande, que je pouvais prendre mes décisions et gérer leurs conséquences. Cela a permis que je ne sois plus surveillée en permanence.</p>
<p>Personnellement, j’ai commencé à me défendre vers mes 16-17 ans lorsque mon premier petit ami m’a dit que ma situation n’était pas normale. La maltraitance physique s’est arrêtée, mais pas la maltraitance psychologique. Pendant des années, mon géniteur m’a répété que je serai institutrice et alors que mes secondaires se finissaient, je me suis inscrite dans une école pour devenir institutrice. Après 2 années d’études, j’ai abandonné ces études qui n’étaient pas pour moi pour me diriger vers un baccalauréat en secrétariat de direction. J’ai peiné à réussir ces études, subissant un stress tel aux examens que j’en pleurais aux résultats, qu’ils soient bons ou mauvais.</p>
<p>J’ai mis des années à me sortir de la manipulation que j’ai subie, avec différents thérapeutes. J’ai été hospitalisée deux fois en psychiatrie pour me débarrasser de mes crises d’angoisse, de ma dépression latente et de mon insécurité.</p>
<p>Vous vous demandez sûrement pourquoi ma maman n’a jamais bougé, ne m’a jamais défendu, étant donné qu’elle était, elle même maltraitait et sous emprise, elle n’arrivait pas à bouger, nous étions toute sous son emprise psychologique au point où aujourd’hui cela a encore des conséquences sur la relation que j’ai avec ma sœur avec qui on ne se parle plus, notre seul contact fut au décès de ma maman.</p>
<p>Aujourd’hui, je vais bien, je n’ai pas d’enfant, pas par choix, mais parce que j’ai une maladie génétique qui rend tout beaucoup plus difficile. Cependant, je suis souvent en contact avec des enfants et cela se passe bien, je fais également des études de psychologie.</p>
<p>Je voudrais vous dire que rien n’est jamais perdu, qu’il est toujours possible de s’en sortir. Ne pas se rendre compte que la situation n’est pas normale n’est pas grave, c’est l’accepter quand on sait que ce n’est pas normal qui pose problème. Il existe plein d’aides pour aider les femmes, hommes et enfants dans ces situations-là, il ne faut pas hésiter à en parler. Les pervers narcissiques font croire qu’ils ont dû pouvoir, mais ils n’en n’ont pas, il ne faut pas avoir peur de parler. »</p>
<p>Interview réalisée Aboubacar KONTE</p>
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		<title>TRAVAILLEUSE DU SEXE ? OUI ! MAIS PAS QUE …</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Aboubacar KONTE]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 May 2025 10:00:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portrait]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le terme travailleuse du sexe est une expression générique utilisée à l’échelle internationale pour désigner les métiers ou pratiques qui mettent en scène une prestation sexuelle qui, dans la majorité des cas, est un service rendu en échange d’une compensation monétaire, plus vieux métier du monde, mais toujours aussi mal vu, insécuritaire, dénigré et conspué, métier [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Le terme travailleuse du sexe est une expression générique utilisée à l’échelle internationale pour désigner les métiers ou pratiques qui mettent en scène une prestation sexuelle qui, dans la majorité des cas, est un service rendu en échange d’une compensation monétaire, plus vieux métier du monde, mais toujours aussi mal vu, insécuritaire, dénigré et conspué, métier que l’on associe même parfois à la facilité de faire de l’argent, il en est pourtant rien, mais alors quel est l’histoire qui se cache derrière ces femmes ?  Aujourd’hui, Anna, 22 ans, a décidé de nous raconter la sienne. Une jeune femme attachante, à l’histoire émouvante, qui elle l’espère en fera réfléchir plus d’un. </em></strong></p>
<p>« Je m’appelle Anna, j’ai 22 ans, et je suis travailleuse du sexe depuis l’âge de mes 18 ans. Depuis mon plus jeune âge j’ai toujours eu un rapport très complexe avec le sexe et plus particulièrement avec le sexe masculin en raison de viols répétés de mes 5 ans à mes 14 ans causés par un cousin germain.</p>
<p>Je vous raconte, personne ne se doutait de rien, il était apprécié de toute la famille, et étant mon cousin germain j’étais amenée à le voir régulièrement, mes parents travaillaient beaucoup à cette époque, du coup ils me laissaient garder par eux, ça a débuté au moment des « siestes ». Nos familles nous mettaient dans le même lit pour dormir, et il a commencé par des petites caresses, puis ensuite avec le temps les choses ont été beaucoup plus poussées jusqu’à aller jusqu’au viol. Il avait un pouvoir de persuasion énorme sur moi, et je m’étais clairement persuadée que ce qu’il me faisait était tout à fait légitime, et que je le méritais. Malgré cette persuasion, mon état mental n’allait pas très bien, je faisais crise d’angoisse sur crise d’angoisse, j’ai été prise ensuite par des crises de trichotillomanie, ce qui est caractérisée par des arrachages récurrents des cheveux entraînant une perte de cheveux.</p>
<p>Un jour au collège j’ai fait une crise d’angoisse plus forte que toutes celles d’avant et l’infirmière qui me connaissait bien depuis le temps, me dit « bon maintenant Anna, il va falloir parler, il va falloir dire pourquoi une aussi jolie jeune fille peut autant être triste? » et là, ma langue s’est dénoué, cette femme m’a donner envie de me libérer de ce lourd secret qui me rongeait l’âme un peu plus chaque jour. Après avoir fini de lui avouer la cause de ma tristesse, elle a tout de suite lancé un signalement à la protection de l’enfance, j’ai eu de long mois d’examens, gynécologiques, psychologiques… J’ai porté plainte contre lui, malheureusement la justice a été beaucoup trop indulgente avec lui, puisqu’à l’heure d’aujourd’hui il est en liberté.</p>
<p>Une interdiction d’être dans le même périmètre que moi, une obligation de soins, et des dommages et intérêts, voilà la vengeance que la justice m’a accordée. Vous imaginez pour moi c’était inconcevable, qu’il puisse s’en sortir avec si peu, j’avais tellement de haine dans moi. C’est ce qui a fait de moi celle que je suis aujourd’hui, toute histoire a un commencement la mienne a commencé quand il a posé ses mains sur moi.</p>
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://isnews.fr/wp-content/uploads/2021/07/Capture-de%CC%81cran-2021-07-17-a%CC%80-03.56.39-1024x408.png" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Capture-décran-2021-07-17-à-03.56.39-1024x408.png." /></figure>
<p>A mes 18 ans je me suis inscrite sur un site d’escorte car je n’avais aucune estime de moi-même et mon corps n’avait pas plus de valeur qu’un simple objet à mes yeux.</p>
<p>J’ai été contactée très rapidement par des hommes souvent beaucoup plus âgés que moi, mon job était de les accompagner dans divers endroits ; aux restaurants, dans des soirées privées, chez des amis… Je devais seulement faire « acte de présence », l’homme voulait simplement s’exposer avec une jolie femme plus jeune que lui.</p>
<p>Sur mon site d’escorte, j’avais bien stipulé que je ne souhaitais pas avoir de relations sexuelles avec mes clients, pendant bien 6 mois, je ne faisait qu’accompagner les clients dans des endroits prestigieux, forcément quand on a 18 ans cela attire et fait briller les yeux de n’importe quelle jeune fille.</p>
<p>Mes revenus étaient de plus en plus mirobolants, je pouvais gagner jusqu’à 1500 € par heure.</p>
<p>Puis comme on dit, l’humain est un éternel insatisfait, il en veut toujours plus, alors un jour j’en ai voulu plus, j’ai changé ma description sur mon site d’escorte, en spécifiant que je pouvais aller jusqu’à une masturbation en fin de soirée, et bien évidemment mes clients fidèles ont commencé à me payer beaucoup plus pour pouvoir bénéficier de cette finition.</p>
<p>Plus les jours, les mois passaient, mon état « mental » était au plus mal, le passé reprenait toujours le contrôle sur mes pensées du présent, et j’étais partagée entre un besoin de vengeance absolue et une tristesse profonde.</p>
<p>Ce boulot me confortait dans l’idée que je n’étais qu’un simple objet, une petite poupée qu’on paye une somme astronomique pour pouvoir l’avoir à un instant T, les hommes me dégoûtent de plus en plus.</p>
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.lyonmag.com/media/images/thumb/870x489_60b7856685645-prostitues.jpg" alt="Lyon : &quot;Pourquoi on maintient cette violence contre les travailleuses du sexe ?&quot;" /><figcaption>Le 2 juin est la journée internationale des travailleuses du sexe. À l’occasion de cette commémoration, un rassemblement a été organisé afin de souligner la première victoire obtenue par les travailleurs du sexe devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme.</figcaption></figure>
<p>Puis, un jour, je ne me souviens pas comment, mais j’ai entendu parler du métier de dominatrice, au début je trouvais que c’était une histoire à dormir debout, me disant « quel homme paie pour se faire torturer? », mais la petite curieuse que je suis en a voulu avoir le cœur net, j’ai commencé à me renseigner, à lire des biographies, regarder des vidéos pornos BDSM, je suis allé jusqu’à me renseigner directement en envoyant des messages à des maîtresses, et j’étais à mille lieues de penser que j’avais mis le pied dans un milieu qui aller faire basculer le cours de ma vie.</p>
<p>J’ai diffusé sur le web une annonce, proposant mes services de dominatrice sans vraiment m’imaginer que j’aurais des retours. Mais le lendemain, j’avais déjà 3 hommes qui voulaient bénéficier de mes services, j’ai donc pris rendez-vous avec un homme âgé de 45 ans, il avait réservé une chambre d’hôtel et m’avait dit de n’emmener aucun matériel qu’il prendrait avec lui tout ce qu’il me faudrait.</p>
<p>Je suis donc arrivé devant cette chambre d’hôtel avec beaucoup d’incertitude, d’angoisse, d’adrénaline… En ouvrant la porte, j’ai fait connaissance d’un homme, je l’appellerait Julien, il était tout l’opposé de ce que je m’étais imaginer, Julien était tout à fait normal, bien intégré dans la société, même très bien puisqu’il était avocat, nous avons bu un verre de vin blanc, et puis m’a demandé si j’étais prête à commencer la prestation, je lui ai confirmer, sans trop savoir par là ou j’allais commencer, mais je ne voulais bien évidemment pas qu’il se rende compte que j’étais novice dans ce domaine puisque pour avoir moins de « détraqué » et de problèmes je m’étais inscrite sur le site d’annonce en tant qu’experte dans le milieu BDSM.</p>
<p>J’ai donc soumis cet homme en reproduisant toutes les choses que j’avais vu sur les vidéos, la prestation a durée 1h30, et je suis reparti de cet hôtel avec une très grosse somme en poche.</p>
<p>En arrivant chez moi, je me sentais bien, un sentiment de plénitude remplissait mon corps et mon esprit, je me sentais comme la reine du monde.</p>
<p>C’est ce soir-là que j’ai compris, que c’était ça que je voulais faire, être Maîtresse Anna, que soumettre des hommes me faisait un bien fou et m’aider considérablement à me reconstruire.</p>
<p>Pendant 2 ans, je travaillais pratiquement tous les jours, parfois plusieurs prestations par jour, et je gagnais très très bien ma vie, j’avais une adolescence complètement décalée des autres jeunes, puisque je ne me refusais rien, je pouvais partir en vacances, me payer autant de fringues que je le voulais, sortir en boîte et payer les consommations de tous mes amis… J’étais littéralement en train de vivre ma « Best Life », je vivais ma vie à 10000 Km/h !</p>
<p>J’étais la maîtresse de plusieurs soumis, que je voyais très régulièrement. Être dominatrice n’est pas toujours facile, on peut être confronté à des personnes de mauvaises intentions, et quand on rencontre un nouveau client, on a toujours l’appréhension que cela tourne mal, mais j’ai une bonne étoile qui m’a toujours protégé, car je n’ai jusqu’à l’heure d’aujourd’hui rencontrer aucun problème de ce genre.</p>
<p>Aujourd’hui, je suis toujours dominatrice, et j’ai toujours des soumis, et depuis 2 mois, je me suis inscrite sur un site de Cam-girl, je fais des shows rémunérés devant ma webcam.</p>
<p>Je suis pleinement heureuse, à présent, j’ai repris confiance en moi, et j’aime vraiment ce que je fais. Le pire dans ce métier reste pour moi le danger permanent de faire une mauvaise rencontre, même en prenant toutes les précautions du monde, le métier du sexe reste un métier dangereux et nous restons des « proies faciles » pour les personnes mal intentionnées.</p>
<figure class="wp-block-image is-resized"><img decoding="async" src="https://pbs.twimg.com/media/EZdGxIxWAAAQWt2?format=png&amp;name=small" alt="Image" width="837" height="837" /></figure>
<p>Ma famille n’est absolument pas au courant de ma double vie, mais je préfère les préserver autant que je le pourrais, J’arrive à concilier vie de travailleuse du sexe et vie privé, tout simplement car je ne suis pas la même personne, je me suis créer un personnage pour aller travailler c’est mon bouclier, j’ai dû m’inventer une vie. C’est comme si tous les matins pour partir au travail vous mettiez un masque sur votre visage, et que le soir en rentrant vous le retiriez, j’ai une activité professionnelle autre que dans le sexe, qui évite également tout soupçon possible …</p>
<p>Si il y a une chose que je pourrais ajouter c’est que dans mon cas, ce travail m’a littéralement sauver, je pense pas que je serais devenue une travailleuse du sexe sans avoir eu le même passé, chose que je ne regrette plus présent car cela a fais de moi la femme que je suis à présent, le seul petit conseil bienveillant que je pourrais donner aux jeunes femmes qui souhaiteraient se lancer dans ce domaine, c’est de bien se renseigner, d’avoir pleinement conscience de où elles mettent les pieds, d’être réellement sûre et certaine que c’est ce qu’elles veulent, et surtout protéger leur identité, il faut se créer un deuxième personnage, garder sa vie privée confidentielle afin de pouvoir éviter le plus de problèmes possible.</p>
<p>Malgré le fait que je sois heureuse, je ne souhaite pas le faire toute ma vie, car en effet j’ai un désir de construire un jour une famille, mais ce n’est pas pour tout de suite, et je ne préfère pas me poser de questions, les choses suivront aux moments venus.</p>
<p>Pour finir si je peux modestement donner un conseil aux filles qui ont vécus ou vivent la même chose que moi, il faut absolument parler, dire les choses, se libérer, car le silence est très dévastateur, ayez le courage de parler, vous êtes des victimes et il faut qu’on vous reconnaisse comme telles.</p>
<p>Aujourd’hui à défaut d’être vengée par une justice laxiste, j’évacue ma vengeance par mon métier dont la domination est devenue le moyen suprême d’extérioriser la colère qui sommeille en moi. «</p>
<p>Interview réalisée par Aboubacar KONTE.</p>
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